S’orienter en politique. 1. Position du problème

Dans sa version écrite, ce cours présente des difficultés particulières. Il avait  été proposé dans le cadre d’une école d’été, divisée en trois journées comprenant une vingtaine de participants. L’intervention active des participants y était sollicitée, ce qui facilitait la compréhension des contenus. Une partie des remarques des participants est intégrée au Cours.

La question essentielle posée au cours de ces trois journées : « Comment peut-on orienter sa pensée et son action en matière politique ? »

Cette question, limitée au domaine politique, fait à certains égards écho à trois questions plus générales posées dans la philosophie de Kant : Que puis-je savoir ? Que dois-je faire ? Que puis-je espérer ? (*)

— Que puis-je savoir ? : Il s’agit ici de s’interroger sur la faculté de connaître pour les hommes, en se limitant ici au domaine politique) : Sources de la connaissance et limites de la connaissance. Comment peut-on connaître les déterminations et conditions qui permettent d’orienter la pensée et l’action politique ?

Que dois-je faire ? Il ne s’agit plus ici seulement de connaître ce qui détermine ou conditionne la pensée et l’action, mais de se poser la question du sens (orientation) de la pratique. Quels objectifs, finalités doit-on assigner à l’action politique ? Qu’est-ce qui est “juste”, socialement “juste”, de viser et de réaliser ?

— Que puis-je espérer ? En fonction des conditionnements historiques de l’action, des finalités que l’on peut poser (socialement “justes”), que peut-on espérer pour le devenir de la société, et se présente comme historiquement possible ?

Cette dernière question recoupe les deux premières. Pour s’orienter en politique, il est nécessaire de connaître ce qui est juste et possible de réaliser, donc d’analyser les conditionnements de la réalité : déterminations objectives qui ne dépendent que pour partie de la volonté humaine, mais aussi déterminations “subjectives”, dépendant des sujets humains, de « ce qui est possible par liberté », par notre pratique, ce qui dépend de nous, et peut et doit être orienté vers le juste.

(*) A noter qu’une quatrième question sous-tend pour Kant les trois premières : qu’est-ce que l’homme ? : les facultés propres aux hommes, leurs pouvoirs, leurs limites, dans la mesure où seuls les hommes peuvent se poser les questions de la connaissance, du juste et de l’espérance, en matière politique comme dans d’autres domaines.

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