{"id":776,"date":"2017-06-08T12:22:48","date_gmt":"2017-06-08T10:22:48","guid":{"rendered":"http:\/\/lunipop.fr\/?p=776"},"modified":"2017-06-08T17:14:29","modified_gmt":"2017-06-08T15:14:29","slug":"1916-quelques-aspects-de-la-rivalite-entre-puissances-au-moyen-orient","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lunipop.fr\/?p=776","title":{"rendered":"1916. Quelques aspects de la rivalit\u00e9 entre puissances au Moyen-Orient"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"line-height: 1.5;\">d\u2019apr\u00e8s un article de Donald M. Mckale<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019article de Donald Mckale, \u00ab Le djihad au c\u0153ur des inqui\u00e9tudes britanniques dans le monde musulman \u00bb traite des conflits au Proche et Moyen-Orient et des rivalit\u00e9s qui s\u2019y font jour entre puissances europ\u00e9ennes et Empire ottoman, sur les terrains aujourd\u2019hui encore en conflit. Soutenues par la Grande Bretagne, la France et l\u2019Italie, il fait \u00e9tat des \u201cr\u00e9voltes arabes\u201d de 1916 contre Empire ottoman, alli\u00e9 \u00e0 l\u2019Empire allemand. L\u2019Empire ottoman est alors propagateur d\u2019un panislamisme et d\u00e9fenseur d\u2019un \u201cKhalifat sous son \u00e9gide, contre les mouvements d\u2019ind\u00e9pendance des contr\u00e9es arabes soumises \u00e0 sa domination.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avant la Premi\u00e8re Guerre mondiale, la puissance allemande conduite par l\u2019empereur Guillaume II poursuit depuis la fin du XIXe si\u00e8cle une \u00ab politique globale \u00bb <em>(Weltpolitik)<\/em> de \u00ab comp\u00e9tition pour l\u2019h\u00e9g\u00e9monie mondiale \u00bb. Il s\u2019agit notamment de travailler \u00e0 \u00e9largir l\u2019influence \u00e9conomique et militaire du Reich dans l\u2019empire ottoman. En 1903, une concession avait \u00e9t\u00e9 accord\u00e9e au Reich pour construire un prolongement du chemin de fer d\u2019Anatolie \u00e0 la M\u00e9sopotamie et Bagdad, qui devait se terminer dans la province ottomane du Kowe\u00eft sur le Golfe Persique. Dans l\u2019anticipation d\u2019une guerre entre puissances europ\u00e9ennes, les responsables allemands envisageaient aussi au plan id\u00e9ologique une instrumentalisation de l\u2019islam \u2013 panislamisme \u2014 principalement contre l\u2019empire britannique qui rassemblait un grand nombre de sujets musulmans. Les autres puissances europ\u00e9ennes, France, Grande Bretagne, Italie, s\u2019effor\u00e7aient d\u2019\u00e9laborer elles aussi leur propre politique \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019Islam.<br \/>\nDu c\u00f4t\u00e9 de l\u2019Empire ottoman, la doctrine affirmait l\u2019autorit\u00e9 religieuse du sultan-calife sur les musulmans du monde entier, appelant ceux-ci \u00e0 d\u00e9fendre l\u2019empire ottoman et le califat comme seul d\u00e9fenseur de la \u201cvraie foi\u201d, contre les autres religions (en particulier contre les infid\u00e8les chr\u00e9tiens de l\u2019Occident). Lorsqu\u2019apr\u00e8s 1905, la tension entre les puissances europ\u00e9ennes s\u2019exacerba, les dirigeants britanniques furent pr\u00e9occup\u00e9s de ce projet de \u201cguerre sainte \u201d (djihad) dirig\u00e9e contre leur domination en Inde et en \u00c9gypte.<br \/>\nDans les ann\u00e9es qui pr\u00e9c\u00e8dent le d\u00e9clenchement de la Premi\u00e8re Guerre mondiale, le leadership revenait alors aux britanniques en \u00c9gypte. Au Caire, l\u2019allemand von Oppenheim, arch\u00e9ologue, orientaliste, diplomate, travaillait \u00e0 y saper leur domination. Il s\u2019effor\u00e7ait aussi d\u2019exercer une action en Syrie et parmi les Arabes et Kurdes locaux, cherchant \u00e0 acheter le soutien de chefs tribaux.<br \/>\nEn 1908, dans l\u2019Empire ottoman, les Jeunes-Turcs prirent le pouvoir, ils poursuivaient la politique de leurs pr\u00e9d\u00e9cesseurs, d\u00e9fense de l\u2019empire ottoman et du califat, et maintien d\u2019une politique de domination brutale \u00e0 l\u2019\u00e9gard des populations arabes sous d\u00e9pendance ottomane. En r\u00e9action \u00e0 cette domination, l\u2019id\u00e9ologie nationaliste arabe (\u201carabisme \u201d) connut une large diffusion : revendication d\u2019une d\u2019autonomie au sein de l\u2019empire ou d\u2019une ind\u00e9pendance compl\u00e8te.<br \/>\nD\u00e8s 1912, au Caire, un repr\u00e9sentant de la puissance britannique (Kitchener) rencontre Abdullah, le fils du ch\u00e9rif de la Mecque (noyau de la future Arabie saoudite), pour encourager de possibles vis\u00e9es ind\u00e9pendantistes (1) qui devait profiter aux int\u00e9r\u00eats britanniques. Du fait de sa domination sur les lieux saints de l\u2019Islam, le ch\u00e9rif de la Mecque pouvait en effet se pr\u00e9senter comme futur calife, susceptible d\u2019\u00eatre mieux dispos\u00e9 que les Ottomans \u00e0 soutenir les int\u00e9r\u00eats de Londres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>La \u201cr\u00e9volution\u201d dans la guerre et \u00ab la guerre par la r\u00e9volution \u00bb<\/strong><br \/>\nLa Premi\u00e8re Guerre mondiale \u00e9clate d\u00e9but ao\u00fbt 1914, elle se r\u00e9pand rapidement au Proche-Orient. Le 2 ao\u00fbt, les Allemands concluent une alliance avec les Turcs ottomans, deux mois plus tard ceux-ci entrent en guerre aux c\u00f4t\u00e9s de Berlin. Le 14 novembre, le sultan ottoman, agissant en tant que calife, appelle tous les musulmans du monde \u00e0 la guerre sainte contre les nations ennemies de Constantinople \u2014 le Royaume-Uni, la Russie, la France.<br \/>\nLa politique du Reich allemand visait dans la r\u00e9gion \u00e0 fomenter une \u00ab r\u00e9volte \u00bb de tous les musulmans contre l\u2019empire britannique, le plus pr\u00e9sent alors. D\u00e8s avant la guerre, Berlin avait envoy\u00e9 des missions pour r\u00e9pandre cette propagande panislamique qui devait toucher la Perse (Iran), l\u2019Afghanistan, l\u2019\u00c9thiopie, le Soudan et la Libye. En Perse et en Libye, des armes furent fournies \u00e0 des chefs de tribus de fa\u00e7on \u00e0 les inciter \u00e0 attaquer le Royaume-Uni. L\u2019Autriche, alli\u00e9e de l\u2019Allemagne travaillait de son c\u00f4t\u00e9 \u00e0 r\u00e9concilier les puissants chefs arabes Ibn Rachid et Ibn Saoud., afin de les unir derri\u00e8re les Ottomans.<br \/>\nDu c\u00f4t\u00e9 britannique, pour contrer la menace majeure constitu\u00e9e par les Turcs et leur panislamisme (soutenus par la politique allemande), des n\u00e9gociations secr\u00e8tes avaient \u00e9t\u00e9 engag\u00e9es avant la guerre avec le fils du ch\u00e9rif de la Mecque. L\u2019usage de soul\u00e8vements r\u00e9volutionnaires \u00ab guerre par la r\u00e9volution \u00bb, \u00e9taient envisag\u00e9s, il s\u2019agissait d\u2019encourager les Arabes soumis \u00e0 l\u2019Empire ottoman \u00e0 se r\u00e9volter contre sa domination. Au Caire, des adh\u00e9rents du mouvement panarabe envoyaient des \u00e9missaires en Arabie, en Syrie, en Palestine, communiquant aux chefs arabes le message britannique, des armes et munitions \u00e9taient promises.<br \/>\nFin octobre 1914, le ch\u00e9rif de la Mecque d\u00e9clare ne pas soutenir les Turcs. Kitchener de son c\u00f4t\u00e9 affirme que si la \u201cnation arabe \u201d s\u2019allie au Royaume-Uni, Londres prot\u00e9gera la s\u00e9curit\u00e9 et la libert\u00e9 de l\u2019Arabie contre les Ottomans. Il \u00e9voque la possibilit\u00e9 d\u2019\u00e9tablir un nouveau califat \u00e0 la Mecque ou \u00e0 M\u00e9dine, califat purement spirituel. De leur c\u00f4t\u00e9, les Allemands et les Turcs rencontrent des difficult\u00e9s dans la plupart des lieux o\u00f9 ils ont envoy\u00e9 des \u00e9missaires afin de d\u00e9clencher des r\u00e9voltes arm\u00e9es contre l\u2019empire britannique (de la Libye \u00e0 l\u2019ouest de l\u2019Afghanistan et \u00e0 la Perse \u00e0 l\u2019est).<br \/>\nEn \u00c9gypte, le commandant militaire Sir John Maxwell appelle pr\u00e8s de cinq cent cheikhs au Caire, pour les presser de jurer fid\u00e9lit\u00e9 au Royaume-Uni. Le 2 novembre, les Britanniques d\u00e9posent le kh\u00e9dive d\u2019\u00c9gypte, Abbas Hilmi (vice-roi ottoman), qui avait appel\u00e9 les \u00c9gyptiens \u00e0 s\u2019opposer aux arm\u00e9es britanniques. En d\u00e9cembre, ils font de l\u2019\u00c9gypte un protectorat, et nomment Hussein Kamil Pacha, fid\u00e8le \u00e0 la Couronne, \u00e0 la t\u00eate d\u2019un nouveau sultanat.<br \/>\nEn Libye, des \u00e9missaires germaniques avaient de leur c\u00f4t\u00e9 pris contacts avec les Senoussi, ordre religieux, pour qu\u2019ils se joignent \u00e0 l\u2019effort de guerre allemand, faisant craindre aux britanniques une attaque \u00e0 l\u2019ouest de l\u2019\u00c9gypte, et des troubles dans toute l\u2019Afrique du Nord. Quant au chef de tribu, il n\u00e9gociait avec les deux parties.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Des espoirs d\u00e9\u00e7us<\/strong><br \/>\nA la fin de 1914 les dirigeants britanniques en \u00c9gypte, en Inde, au Proche-Orient \u00e9taient plus que jamais inquiets \u00e0 propos du djihad proclam\u00e9 par la Turquie et soutenu par l\u2019Allemagne. L\u2019attaque rat\u00e9e de Gallipoli avait multipli\u00e9 leurs craintes d\u2019un monde arabe potentiellement hostile. En Perse, la propagande panislamique des militaires ottomans et des agents locaux germaniques mena\u00e7ait leurs int\u00e9r\u00eats en Inde.<br \/>\nDurant la plus grande partie de l\u2019ann\u00e9e 1915, la puissance allemande envoie des \u00e9missaires \u00e0 travers la Turquie et l\u2019Arabie occidentale jusqu\u2019\u00e0 la mer Morte, et de l\u00e0 en Abyssinie, au Soudan et plus loin en Afrique, avec ordre de distribuer des armes aux musulmans et d\u2019inciter \u00e0 la guerre sainte contre les Britanniques. La plupart de ces plans \u00e9chouent. Il y a peu d\u2019empressement des arabes ottomans pour le djihad incit\u00e9 par la puissance allemande. De leur c\u00f4t\u00e9, de nombreux Turcs n\u2019ont pas accueilli avec enthousiasme cet appel \u00e0 la guerre sainte.<br \/>\nLa question la plus s\u00e9rieuse pour la puissance allemande concernait la loyaut\u00e9 du ch\u00e9rif de la Mecque envers la puissance ottomane. Le fils du ch\u00e9rif s\u2019\u00e9tait certes engag\u00e9 \u00e0 propager l\u2019id\u00e9ologie panislamique et \u00e0 rendre compte au gouvernement ottoman de la situation politique en Arabie, mais il avait aussi pass\u00e9 du temps en Syrie avec les nationalistes arabes anti-ottomans.<br \/>\nOppenheim \u00e9laborait des plans pour utiliser les arabes m\u00e9sopotamiens au service de la propagande panislamique. En Syrie et en Arabie du Nord, il avait \u00e9tabli dans de nombreuses villes un r\u00e9seau \u00e9tendu de centres de propagande et la cr\u00e9ation d\u2019une organisation secr\u00e8te en Syrie. Habill\u00e9 en B\u00e9douin, il voyageait dans la p\u00e9ninsule du Sina\u00ef sous contr\u00f4le britannique, vers le sud \u00e0 proximit\u00e9 de M\u00e9dine. Il s\u2019arr\u00eatait dans les villes, les villages et les oasis, pr\u00eachant un panislamisme enflamm\u00e9 et la haine des chr\u00e9tiens. Sans grand succ\u00e8s.<br \/>\nEn mai 1915, une information arrive au Caire : Oppenheim et les officiers consulaires \u00e0 Ha\u00effa, Alep et dans la Syrie du nord encourageraient le massacre des Arm\u00e9niens par les Ottomans.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le sens de la crise<\/strong><br \/>\n\u00c0 l\u2019automne 1915, les forces britanniques ont subi des d\u00e9faites \u00e0 Gallipoli et en M\u00e9sopotamie. Des crises politiques (inspir\u00e9es par des agents allemands et turcs) ont \u00e9clat\u00e9 sur les fronti\u00e8res de l\u2019\u00c9gypte et de l\u2019Inde. Une attaque sur les avant-postes britanniques dans l\u2019ouest de l\u2019\u00c9gypte, par le cheikh Al-Senoussi, co\u00efncide avec l\u2019arriv\u00e9e de fonctionnaires allemands en Afghanistan et le summum de l\u2019agitation germano-ottomane anti-britannique en Perse.<br \/>\nAu Caire, la peur d\u2019un djihad panislamique anti-britannique courant de la Libye \u00e0 l\u2019Afghanistan -\u2013 et peut-\u00eatre m\u00eame \u00e0 l\u2019Inde -\u2013 atteint des proportions quasi \u00e9piques. Sir Edward Grey indique : \u00ab Des responsables allemands et des personnes priv\u00e9es, ont dans de nombreux cas relay\u00e9 le pr\u00eache du djihad et activement promu un esprit anti-chr\u00e9tien parmi les musulmans. \u00bb<br \/>\nLes principaux responsables au Caire et \u00e0 Londres, sont confort\u00e9s dans l\u2019id\u00e9e que l\u2019empire ottoman ne doit pas survivre. Mais le Royaume-Uni doit prendre en compte les int\u00e9r\u00eats de ses alli\u00e9s europ\u00e9ens. En mars, Londres et Paris avaient conclu l\u2019accord de Constantinople avec la Russie : il promettait les d\u00e9troits de la mer Noire et la capitale turque aux Russes dans l\u2019\u00e9ventualit\u00e9 d\u2019une victoire alli\u00e9e.<br \/>\nL\u2019\u00e9tape cruciale de la strat\u00e9gie anti-ottomane sera l\u2019\u0153uvre du gouvernement britannique. Il acc\u00e8de \u00e0 la demande de Hussein, ch\u00e9rif de la Mecque, au principe d\u2019un soutien \u00e0 la lutte pour l\u2019ind\u00e9pendance arabe en Arabie, M\u00e9sopotamie, et la plus grande partie de la Syrie. Le Caire et Londres encouragent celui-ci \u00e0 susciter une r\u00e9volte contre les Turcs. Hussein, dont la position dans le monde musulman comme gardien des lieux saints est unique et l\u2019ind\u00e9pendance relative, \u00e9tait le seul \u00e0 pouvoir contrer les effets de l\u2019appel au djihad du sultan-calife ottoman.<br \/>\nL\u2019id\u00e9e d\u2019une alliance privil\u00e9gi\u00e9e plus large entre le Royaume-Uni et les nationalistes arabes se concr\u00e9tise, notamment sous l\u2019impulsion de Sykes. Dans le m\u00eame temps, l\u2019Allemand Oppenheim qui s\u2019\u00e9tait rendu dans la p\u00e9ninsule du Sina\u00ef et le Hedjaz, parvient \u00e0 quelques kilom\u00e8tres de M\u00e9dine. Le ch\u00e9rif de la Mecque le contraint \u00e0 partir. La nouvelle parvient aux Britanniques, qui l\u2019interpr\u00e8tent comme expression de l\u2019intention des nationalistes arabes d\u2019entamer prochainement les hostilit\u00e9s contre les Turcs.<br \/>\nUn ensemble de facteurs confirme aux yeux des dirigeants britanniques, le bien-fond\u00e9 de leur politique de plus en plus pro-arabe. Un projet d\u2019accord avec Hussein porte sur le territoire d\u2019un futur \u00c9tat arabe ind\u00e9pendant (\u00e0 l\u2019exception de certaines zones vaguement d\u00e9limit\u00e9es en Syrie o\u00f9 les int\u00e9r\u00eats Fran\u00e7ais \u00e9taient impliqu\u00e9s). D\u00e9but 1916, le Royaume-Uni promet de livrer des armes, dans l\u2019id\u00e9e que Hussein lance une insurrection arabe.<br \/>\n\u00c0 la mi-d\u00e9cembre, Sykes retourne \u00e0 Londres, o\u00f9 des d\u00e9cisions se prennent concernant la strat\u00e9gie de guerre. Le gouvernement avait entam\u00e9 des n\u00e9gociations avec la France sur la base de ses revendications concernant la Syrie et la Palestine. Sykes avait \u00e0 l\u2019esprit les dispositions qu\u2019il devait mettre en \u0153uvre en mai 1916 dans le fameux et controvers\u00e9 accord Sykes-Picot. Cet accord, ignor\u00e9 du ch\u00e9rif jusqu\u2019au mois de novembre 1917 \u2014 r\u00e9v\u00e9l\u00e9 par les bolcheviks apr\u00e8s leur prise du pouvoir \u2013, y avait n\u00e9goci\u00e9 la future cr\u00e9ation d\u2019une \u201cGrande Arabie \u201d pour les Arabes, mais celle-ci excluait la partie syrienne (sous contr\u00f4le fran\u00e7ais), les Britanniques pour leur part devaient recevoir la M\u00e9sopotamie. La Palestine devenait zone internationale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>1916-1918 : La r\u00e9volte arabe<\/strong><br \/>\nD\u00e9but 1916, les derni\u00e8res forces britanniques se sont retir\u00e9es de Gallipoli. En M\u00e9sopotamie, quatre-vingt mille Turcs de la VIe arm\u00e9e, command\u00e9e par un mar\u00e9chal allemand, assi\u00e9gent \u00e0 Kut-el-Amara. Pendant ce temps, Londres continue de renforcer son alliance avec les Arabes. En Syrie, le gouverneur ottoman Djemal Pacha poursuit sa campagne de terreur contre les nationalistes arabes. Le Caire continue \u00e0 tout faire pour inciter Hussein \u00e0 la r\u00e9volte. Le ch\u00e9rif, pour sa part, n\u00e9gocie aussi avec les Turcs. Le 18 f\u00e9vrier, il fait part au Caire de sa satisfaction concernant l\u2019accord auquel il est parvenu avec le Royaume-Uni. Il en profite pour avertir d\u2019une action allemande imminente en Arabie et en Afrique de l\u2019Est.<br \/>\nQuand la mission allemande arrive en Syrie, Djemal Pacha (le gouverneur ottoman) la retarde jusqu\u2019au 2 mai. Il informe le ch\u00e9rif de la Mecque de cette mission et lui demande d\u2019assurer sa s\u00e9curit\u00e9 lors de son passage \u00e0 travers le Hedjaz. La mission voyage en train dans le d\u00e9sert, avec une unit\u00e9 de l\u2019arm\u00e9e ottomane, elle pr\u00e9voit de faire le lien avec les Ottomans beaucoup plus bas sur la c\u00f4te et de continuer jusqu\u2019au Y\u00e9men. De l\u00e0, elle comptait traverser la mer Rouge pour se rendre au Soudan puis en \u00c9gypte. L\u00e0, l\u2019exp\u00e9dition avait l\u2019intention de provoquer des r\u00e9voltes contre les Britanniques.<br \/>\nMais le 5 juin, la r\u00e9volte arabe \u00e9clate dans le Hedjaz, contraignant les Allemands \u00e0 fuir, une partie de l\u2019exp\u00e9dition germano-turque \u00e9tant an\u00e9antie par des attaquants b\u00e9douins. Le ch\u00e9rif inquiet de l\u2019arriv\u00e9e imminente de la mission germano-turque avait proclam\u00e9 l\u2019insurrection plusieurs semaines avant la date pr\u00e9vue, avant m\u00eame d\u2019avoir re\u00e7u les armes promises par les Britanniques.<br \/>\nLa tension augmente entre les Allemands et les Turcs. Alors que les Ottomans minimisaient la r\u00e9bellion arabe, il n\u2019en \u00e9tait pas de m\u00eame pour les responsables allemands.<br \/>\nLe 4 ao\u00fbt, une seconde attaque turque, planifi\u00e9e de longue date sur le canal de Suez, \u00e9choue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Royaume-Uni et la France avaient fourni des armes et des conseillers \u2013 dont T. E. Lawrence \u2013 \u00e0 la r\u00e9volte arabe. Cette r\u00e9volte augmenta l\u2019activit\u00e9 de la France au Proche-Orient, au grand dam des responsables britanniques d\u00e9termin\u00e9s \u00e0 limiter l\u2019influence de son alli\u00e9e. La France soutenait la r\u00e9volte arabe pour plusieurs raisons. Politiquement, la propagation de la r\u00e9bellion dans les populations de Syrie, Palestine et Arm\u00e9nie \u00e9tait susceptible de pr\u00e9parer le terrain pour une intervention fran\u00e7aise dans la r\u00e9gion. Militairement, les Fran\u00e7ais esp\u00e9raient que la r\u00e9volte paralyserait les Ottomans. Ils misaient aussi sur le fait que l\u2019affaire convaincrait une majorit\u00e9 de musulmans dans les colonies africaines de la France d\u2019abandonner leur soutien aux Turcs en faveur de la France, lib\u00e9ratrice des sanctuaires de l\u2019islam.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>NOTE<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(1) Le ch\u00e9rif gouvernait pour les Ottomans la r\u00e9gion de l\u2019ouest de l\u2019Arabie, le Hedjaz, qui comprenait les deux villes saintes de La Mecque et M\u00e9dine.<\/p>\n ","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>d\u2019apr\u00e8s un article de Donald M. Mckale L\u2019article de Donald Mckale, \u00ab Le djihad au c\u0153ur des inqui\u00e9tudes britanniques dans le monde musulman \u00bb traite des conflits au Proche et Moyen-Orient et des rivalit\u00e9s qui s\u2019y font jour entre puissances europ\u00e9ennes et Empire ottoman, sur les terrains aujourd\u2019hui encore en conflit. Soutenues par la Grande [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[136,314,315],"class_list":["post-776","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-pages-dhistoire","tag-imperialisme","tag-moyen-orient","tag-premiere-guerre-mondiale"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lunipop.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/776","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lunipop.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lunipop.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lunipop.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lunipop.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=776"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/lunipop.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/776\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":819,"href":"https:\/\/lunipop.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/776\/revisions\/819"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lunipop.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=776"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lunipop.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=776"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lunipop.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=776"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}