{"id":440,"date":"2016-12-29T14:02:32","date_gmt":"2016-12-29T13:02:32","guid":{"rendered":"http:\/\/lunipop.fr\/?p=440"},"modified":"2016-12-29T14:04:28","modified_gmt":"2016-12-29T13:04:28","slug":"2-critique-interne-saisir-le-texte-dans-sa-structure-propre-sa-configuration-densemble","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lunipop.fr\/?p=440","title":{"rendered":"2. Critique interne. Saisir le texte dans sa structure propre,\u00a0sa configuration d\u2019ensemble"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Pour r\u00e9sumer le point (a), l\u2019important est de travailler \u00e0 saisir le texte, non en fonction de ce qu\u2019on veut lui faire dire, mais dans sa coh\u00e9rence propre. Avant de proposer une interpr\u00e9tation ou de mettre en accusation un texte, on ne projette pas sa propre coh\u00e9rence (ou incoh\u00e9rence) de pens\u00e9e, on ne plaque pas son propre vocabulaire (ou le cas \u00e9ch\u00e9ant ses concepts).<br \/>\nIl s\u2019agit maintenant de saisir du mieux que l\u2019on peut appeler la structure interne propre du texte, sa configuration d\u2019ensemble, en tant que mat\u00e9riau primaire, tel qu\u2019il est, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 construit et r\u00e9dig\u00e9. On travaille \u00e0 l\u2019analyser selon son contenu effectif, pour en d\u00e9gager sa logique et la signification du \u201ctout\u201d qu\u2019il constitue [premier principe de l\u2019analyse dialectique]. Cela permet en cons\u00e9quence de d\u00e9gager la coh\u00e9rence entre les parties. Selon les cas, on d\u00e9gage une unit\u00e9, une coh\u00e9rence interne ou on d\u00e9voile des incoh\u00e9rences.<br \/>\nA la fin du travail, avec tous les va-et-vient que l\u2019on a signal\u00e9, le texte se pr\u00e9sente sous une forme nouvelle, on a op\u00e9r\u00e9 une transformation. (Et m\u00eame la simple paraphrase est d\u00e9j\u00e0 une transformation, qui appelle toujours une v\u00e9rification.)<br \/>\nCe travail comporte plusieurs dimensions, sch\u00e9matiquement celles qui rel\u00e8vent de la critique interne et ce qui rel\u00e8ve de la critique externe.<br \/>\nLa critique interne (comprendre critique au sens d\u2019examen et non de d\u00e9nonciation) comprend deux phases, analytique et synth\u00e9tique :<br \/>\nAu cours de la phase analytique, on d\u00e9gage la trame de l\u2019expos\u00e9, sa logique interne :<br \/>\n[Point de d\u00e9part (pr\u00e9misses \u2014 annonc\u00e9es ou cach\u00e9es), encha\u00eenement des arguments, conclusion \u00e0 laquelle on est conduit. Voir s\u2019il s\u2019agit d\u2019un expos\u00e9 d\u00e9monstratif ou d\u2019une succession d\u2019assertions, d\u2019affirmations, voir les \u00e9ventuelles failles logiques, sophismes, etc.. [Assertion = je dis que c\u2019est ainsi, sans d\u00e9montrer.]<br \/>\nOn d\u00e9gage aussi le sens des diff\u00e9rentes notions pour l\u2019auteur (dans quel sens il les emploie), puis on construit le r\u00e9seau des notions (leurs relations). On se pr\u00e9occupe de savoir si la trame d\u00e9monstrative (ou seulement assertive), est reli\u00e9e \u00e0 une trame persuasive. Cette derni\u00e8re joue moins sur le raisonnement que sur les sentiments, les motivations (de l\u2019auteur et du lecteur). On \u00e9tablit les relations entre les proc\u00e9d\u00e9s rh\u00e9toriques mis en \u0153uvre, leur rapport \u00e9troit ou non avec la trame logique. Cela aide \u00e0 saisir la probl\u00e9matique effective sous la probl\u00e9matique apparente.<br \/>\nAu cours de la phase de synth\u00e8se, on reprend les \u00e9l\u00e9ments de la phase analytique pour construire une synth\u00e8se : d\u00e9gager son objet explicite (d\u00e9clar\u00e9) ou implicite (non apparent, dissimul\u00e9), puis reconstruire l\u2019argumentaire global, avec le pivot des notions (ou leur absence, leur flou). Quelle conclusion (explicite ou implicite) peut-on en tirer ; le cas \u00e9ch\u00e9ant : \u00e0 quoi l\u2019auteur veut-il conduire le lecteur (par le vocabulaire, l\u2019argumentaire, la rh\u00e9torique.)<br \/>\nLa Critique externe travaille \u00e0 situer le texte dans sa liaison avec d\u2019autres textes (du m\u00eame auteur ou du courant auquel il se rattache), de le situer par rapport \u00e0 d\u2019autres textes (intertexte) \u2014 par rapport \u00e0 d\u2019autres auteurs ou courants ; situer le texte dans un contexte historique, une conjoncture intellectuelle de l\u2019\u00e9criture. Synth\u00e9tiser cette phase.<br \/>\nLes deux premiers points sont de l\u2019ordre d\u2019une fiche d\u00e9taill\u00e9e de lecture (pour soi-m\u00eame). La Synth\u00e8se finale est destin\u00e9e \u00e0 une critique-examen, ou critique r\u00e9futation, destin\u00e9e \u00e0 d\u2019autres que soi. La synth\u00e8se finale peut prendre la forme d\u2019un article, d\u2019un \u00e9l\u00e9ment d\u2019analyse (pour des lecteurs ext\u00e9rieurs). On combine les \u00e9l\u00e9ments de la critique interne et de la critique externe. En g\u00e9n\u00e9ral, on ne reprend pas l\u2019ordre suivi au cours de l\u2019analyse, on peut ainsi commencer par situer le texte dans un contexte.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mode op\u00e9ratoire d\u00e9taill\u00e9 de la critique interne :<br \/>\nLire le texte pour se faire une premi\u00e8re id\u00e9e d\u2019ensemble (en s\u2019effor\u00e7ant de situer sa lecture par rapport \u00e0 l\u2019int\u00e9riorit\u00e9 du texte, sans projeter ses propres conceptions).<br \/>\nNoter le sens g\u00e9n\u00e9ral qu\u2019on en retient.<br \/>\nEn fonction de ce premier survol, entrer dans l\u2019analyse proprement dite.<br \/>\n\u2014 D\u00e9gager la Trame d\u00e9monstrative<br \/>\nObjectif \u00e0 atteindre : Quel est l\u2019objet du texte. De quoi parle-t-il ? O\u00f9 veut-il en venir ? Enjeu possible.<br \/>\nPour atteindre cet objectif, il faut d\u00e9gager la trame du texte, suivre l\u2019argumentation du point de d\u00e9part au point d\u2019arriv\u00e9e.<br \/>\nNoter sur une feuille :<br \/>\n\u2014 \u00e0 gauche, l\u2019encha\u00eenement principal (logique ou non).<br \/>\n\u2014 \u00e0 droite, les \u00e9l\u00e9ments secondaires, les incidentes, les digressions.<br \/>\nAppr\u00e9cier le caract\u00e8re \u201cserr\u00e9\u201d ou \u201crel\u00e2ch\u00e9\u201d de la structure du texte, la valeur de la cha\u00eene du raisonnement.<br \/>\nFaire \u00e9ventuellement un sch\u00e9ma de la structure d\u2019ensemble.<br \/>\nDans certains cas, il faut affiner : d\u00e9composition en propositions, pr\u00e9suppos\u00e9s logiques et id\u00e9ologiques, implications, usage des mots pivots logiques (or, donc, par cons\u00e9quent, mais, si, ne pas\u2026), failles logiques, paralogismes, g\u00e9n\u00e9ralisations abusives, etc. (Voir exemples plus loin).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 Les notions et le r\u00e9seau des notions.<br \/>\nBeaucoup de textes politiques, y compris ceux qui se pr\u00e9sentent sous \u201cl\u2019allure\u201d philosophique ou scientifique, n\u2019ont pas la forme d\u2019un expos\u00e9 rigoureux, les concepts ne sont pas toujours d\u00e9finis (ils peuvent en outre \u00eatre d\u00e9finis de fa\u00e7on contradictoire). On doit donc souvent r\u00e9pertorier pour chaque texte, les divers usages, valeurs d\u2019emploi des mots utilis\u00e9s (ceci m\u00eame chez de grands auteurs).<br \/>\nDes mots aussi courants que soci\u00e9t\u00e9, peuple, nation, race, volont\u00e9, peuvent \u00eatre utilis\u00e9s dans des sens diff\u00e9rents, voire oppos\u00e9s (parfois chez un m\u00eame auteur). Par ailleurs les significations usuelles des mots \u00e9voluent dans l\u2019histoire, selon les conjonctures intellectuelles, selon les formations sociales : soci\u00e9t\u00e9 civile n\u2019a pas le m\u00eame sens au XVIIIe si\u00e8cle et aujourd\u2019hui, le mot parti au cours du XIXe si\u00e8cle n\u2019\u00e9voquait pas aussi clairement qu\u2019aujourd\u2019hui l\u2019id\u00e9e d\u2019organisation, d\u2019appareil, mais plut\u00f4t celle de partition au sein d\u2019un ensemble, sur des bases partielles ou partiales (prise de parti). M\u00eame chose avec communaut\u00e9, qui passe en France de l\u2019id\u00e9e d\u2019association (en vue d\u2019une finalit\u00e9 commune) \u00e0 celle de groupement selon une origine commune.<br \/>\nDes termes qu\u2019on imagine univoques, monos\u00e9miques, tels monarchie, r\u00e9publique \u00c9tat, soci\u00e9t\u00e9, repr\u00e9sentation, peuvent avoir des valeurs d\u2019emploi tr\u00e8s diff\u00e9rentes. La monarchie peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une forme d\u2019\u00c9tat ou comme forme de gouvernement. Elle peut \u00eatre r\u00e9f\u00e9r\u00e9e au pouvoir royal (unitaire), ou \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme le pivot d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 d\u2019ordres, de privil\u00e8ges. Quant \u00e0 la r\u00e9publique, elle peut signifier la mise en avant du bien public (que le gouvernement soit monarchique, aristocratique ou populaire), ou bien comme l\u2019anti-monarchie, le pouvoir de plusieurs ou du peuple seul.<br \/>\nPareil pour l\u2019\u00c9tat. Pour certains auteurs (notamment Max Weber), c\u2019est un simple pouvoir de coercition (\u00ab monopole de la violence \u00bb), sens dominant dans la sociologie et la science politique contemporaine, ou bien l\u2019\u00c9tat peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme une association politique, le \u201ccorps politique\u201d des citoyens (sens dominant dans la philosophie politique classique).<br \/>\nM\u00eame chose pour les mots \u201csocial\u201d, soci\u00e9t\u00e9, ils peuvent \u00eatre compris dans des sens vari\u00e9s et oppos\u00e9s. Pour certains id\u00e9ologues, le mot soci\u00e9t\u00e9 convient pour tous les modes de groupement humain (y compris les clans, les tribus, voire les chefferies barbares), pour d\u2019autres, le mot soci\u00e9t\u00e9 ne s\u2019applique qu\u2019aux groupements humains r\u00e9gl\u00e9s, avec des lois, des conventions sociales. Le social, la soci\u00e9t\u00e9, peuvent aussi \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme quelque chose d\u2019ant\u00e9rieur et de sup\u00e9rieur aux \u00e9l\u00e9ments humains qui la composent (position des contre-r\u00e9volutionnaires, mais aussi de plusieurs th\u00e9ories sociologiques), ou bien comme quelque chose de construit par les hommes eux-m\u00eames selon des r\u00e8gles, des finalit\u00e9s (\u201c\u00e9tat social\u201d).<br \/>\nQuant \u00e0 la repr\u00e9sentation politique, on peut la penser comme dans l\u2019Ancien R\u00e9gime (et parfois aussi aujourd\u2019hui), comme repr\u00e9sentation fonctionnelle par une personne ou un corps partiel (roi, seigneur, noblesse, corporations). Dans la th\u00e9orie moderne, repr\u00e9senter le peuple ou une cat\u00e9gorie sociale, c\u2019\u00e9tait au contraire repr\u00e9senter d\u2019abord des id\u00e9es, des orientations, la volont\u00e9 du peuple ou la volont\u00e9 d\u2019une classe (programmes). Dans ce sch\u00e9ma, les personnes ne repr\u00e9sentent pas ces int\u00e9r\u00eats, ces volont\u00e9s, ces buts, en tant qu\u2019individus, mais en tant que vecteurs de programmes, d\u2019orientations. On a vu aussi qu\u2019il fallait distinguer avec Rousseau d\u00e9l\u00e9gation (ou repr\u00e9sentation) de volont\u00e9 ou de pouvoir.<br \/>\nIl y a aussi des \u00e9quivalences arbitraires dans le discours courant et savant : Patrie et nation par exemple ne sont pas des synonymes ou des \u00e9quivalents. Pareil pour \u00c9tat et gouvernement, volont\u00e9 et pouvoir, absolu et despotique, identit\u00e9 nationale et souverainet\u00e9 nationale, etc.<br \/>\nVoir aussi qu\u2019il existe des mots qui impliquent un choix id\u00e9ologique et\/ou politique (par exemple : totalitarisme, communaut\u00e9 noire, communaut\u00e9 musulmane, stigmatisation, discrimination, m\u00e9moire collective, etc.), et qu\u2019on ne peut reprendre sans critique (examen).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Proc\u00e9dure pratique d\u2019analyse des notions :<br \/>\nOn recense les usages (valeurs d\u2019emploi) des diff\u00e9rentes notions pr\u00e9sentes dans le texte. On prend par exemple le mot nation, on rel\u00e8ve les diff\u00e9rentes notations (occurrences) du mot, on copie les diff\u00e9rents usages (avec) les phrases dans lesquelles le mot est employ\u00e9. On d\u00e9gage sur cette base le sens que l\u2019auteur donne \u00e0 ces notions.<br \/>\nPuis on essaie de chercher dans les phrases recopi\u00e9es les relations qu\u2019une notion entretient avec d\u2019autres (relations d\u2019identit\u00e9, d\u2019attribution, d\u2019opposition, de compl\u00e9ment, restriction, etc.). Pour un m\u00eame mot, on trouve en g\u00e9n\u00e9ral plusieurs valeurs (significations) qui conduisent \u00e0 mettre en \u00e9vidence les diff\u00e9rentes relations (coh\u00e9rentes ou non entre elles). M\u00eame en cas de contradiction entre les diff\u00e9rentes significations, ne pas conclure \u00e0 l\u2019incoh\u00e9rence de la pens\u00e9e [voir ainsi que l\u2019usage du mot \u201c\u00e9tat\u201d (st\u00e4nde) dans les \u00e9crits de jeunesse de Marx qui peut servir \u00e0 penser la notion de classe sociale].<br \/>\nL\u2019existence dans certains textes d\u2019un index des notions ne pr\u00e9serve pas de l\u2019arbitraire. Si l\u2019on cherche tout ce que dit Marx de l\u2019\u00c9tat, en ne s\u2019int\u00e9ressant qu\u2019\u00e0 l\u2019entr\u00e9e \u00c9tat, on ne saisira pas la conception qu\u2019il s\u2019en fait. Il faut aussi regarder les entr\u00e9es : r\u00e9publique, monarchie, d\u00e9mocratie, politique, libert\u00e9, pouvoir, classes, etc.<br \/>\nNe pas omettre aussi de se pr\u00e9occuper de ce qui n\u2019est pas pr\u00e9sent, des notions absentes.<br \/>\nL\u2019articulation entre les notions<br \/>\nOn \u00e9tablit sur cette base un r\u00e9seau des notions, \u00e9ventuellement avec un sch\u00e9ma graphique (notant les diff\u00e9rents types de relations entre les notions).<br \/>\nIl est rare qu\u2019on puisse saisir du premier coup les notions principales et les articulations centrales. Les notions centrales (nodales) ne sont pas forc\u00e9ment les plus utilis\u00e9es quantitativement. De m\u00eame, ce qui est mis en avant dans un titre n\u2019est pas forc\u00e9ment l\u2019\u00e9l\u00e9ment central. C\u2019est en g\u00e9n\u00e9ral sur la base de l\u2019ensemble du texte \u2014 du \u201ctout\u201d plut\u00f4t que des parties \u2014 que l\u2019on peut saisir les notions nodales, pivots. Exemple : Dans le <em>Contrat social<\/em> de Rousseau, ce n\u2019est pas forc\u00e9ment \u00e0 partir du titre d\u00e9finitif (Contrat social) qu\u2019on saisit le mieux l\u2019objet d\u2019ensemble du texte, mais plut\u00f4t \u00e0 partir des premiers intitul\u00e9s ou des sous-titres : \u00ab Principes du Droit politique \u00bb ou \u00ab Essai sur la forme de la r\u00e9publique \u00bb. A propos de l\u2019expression Contrat social, on peut aussi se demander quel est le mot principal : contrat ou social.<br \/>\nPar le travail de va-et-vient entre le tout et les parties, on remonte la cha\u00eene des relations (associations, \u00e9quivalences, oppositions\u2026), jusqu\u2019\u00e0 d\u00e9gager une articulation d\u2019ensemble relativement satisfaisante des notions essentielles (ou l\u2019absence de configuration coh\u00e9rente).<br \/>\nExemple. On part de la notion de r\u00e9publique dans le <em>Contrat social<\/em>. Pour simplifier, on prend un seul usage : \u00ab j\u2019appelle r\u00e9publique tout \u00e9tat r\u00e9gi par des lois \u00bb. On remonte \u00e0 lois Pour simplifier on prend un seul usage du mot : \u00ab la loi est dans la d\u00e9pendance du souverain \u00bb. On passe \u00e0 souverain et on cherche les d\u00e9finitions de souverain, on s\u2019aper\u00e7oit que pour que la loi soit conforme au bien public, il faut que ce soit le peuple qui soit souverain, etc. (A noter que dans le texte, la r\u00e9publique est d\u00e9j\u00e0 d\u00e9finie par Rousseau dans un r\u00e9seau de notions).<br \/>\n[Remarque sur cette m\u00e9thode rustique par rapport aux techniques de la lexicologie : Les lexicologues construisent des \u00ab graphes de relation \u00bb avec des outils informatis\u00e9s, en prenant toutes les occurrences des mots et leurs relations avec d\u2019autres mots (\u00e9ventuellement les relations syntaxiques ou s\u00e9mantiques entre eux). Cela se pr\u00e9sente comme plus scientifique, mais sans le travail propre de l\u2019intelligence humaine, cela ne supprime nullement le risque de placage d\u2019id\u00e9es pr\u00e9-con\u00e7ues sur le sens des mots.]<br \/>\nC\u2019est en \u00e9tablissant la configuration d\u2019ensemble des notions que chacun trouve finalement quelles sont les (ou les) significations de ces notions pour l\u2019auteur. Cela permet de distinguer des conceptions apparemment voisines, utilisant les m\u00eames mots (Par exemple quand on utilise les mots r\u00e9publique, la\u00efcit\u00e9, monarchie, capitalisme, socialisme, etc.).<br \/>\nExemples. Monarchie. Si on examine l\u2019articulation de cette notion chez diff\u00e9rents auteurs, pour l\u2019un, cela signifie domination d\u2019un seul homme, chez un autre, c\u2019est un moyen pour unifier la soci\u00e9t\u00e9. Socialisme. Pour certains courants de pens\u00e9e, c\u2019est la d\u00e9mocratie, pour le marxisme c\u2019est d\u2019abord un mode de production. Classes. Pour le pape L\u00e9on XIII, l\u2019emploi des mots classes, prol\u00e9tariat, capital\/travail, renvoie \u00e0 une hi\u00e9rarchie fonctionnelle, n\u00e9cessaire \u00e0 la conservation sociale. Pour des socialistes du XIXe si\u00e8cle, ces mots renvoient \u00e0 des antagonismes du r\u00e9gime capitaliste et \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de la transformation de la base \u00e9conomique de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n ","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour r\u00e9sumer le point (a), l\u2019important est de travailler \u00e0 saisir le texte, non en fonction de ce qu\u2019on veut lui faire dire, mais dans sa coh\u00e9rence propre. 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