{"id":356,"date":"2016-12-26T15:55:08","date_gmt":"2016-12-26T14:55:08","guid":{"rendered":"http:\/\/lunipop.fr\/?p=356"},"modified":"2016-12-26T15:55:08","modified_gmt":"2016-12-26T14:55:08","slug":"sorienter-en-politique-4-sorienter-en-fonction-du-bien-du-juste","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lunipop.fr\/?p=356","title":{"rendered":"S&rsquo;orienter en politique. 4. S\u2019orienter en fonction du Bien, du Juste"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><strong>En pr\u00e9alable \u00e0 l\u2019expos\u00e9, des questions pr\u00e9paratoires pour les participants :<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 Comment fait-on pour savoir ce qui est juste ?<br \/>\n\u2014 En g\u00e9n\u00e9ral (dans la vie individuelle) ?<br \/>\n\u2014 En mati\u00e8re politique (pour savoir ce qui est juste pour la soci\u00e9t\u00e9, pour le bien commun) ?<br \/>\nNoter comment chacun proc\u00e8de effectivement quand il est confront\u00e9 \u00e0 ces questions (chercher des exemples).<br \/>\nEventuellement, se demander comment il faudrait proc\u00e9der pour mieux savoir ce qui est juste (dans l\u2019imm\u00e9diat et dans l\u2019histoire).<br \/>\nR\u00e9fl\u00e9chir aux difficult\u00e9s personnelles rencontr\u00e9es pour r\u00e9pondre \u00e0 ces questions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>PLAN<\/strong><br \/>\n\u2014 Analyse de la question<br \/>\n\u2014 Qu\u2019est-ce que le juste ?<br \/>\nNotions : Morale, Utilit\u00e9, Bonheur, Juste, Bien, Raison (morale) pratique<br \/>\n\u2014 Comment savoir ce qui est juste ?<br \/>\nNotions : Libert\u00e9, Volont\u00e9, Bonne volont\u00e9, Mauvaise volont\u00e9<br \/>\n\u2014 L\u2019orientation vers le juste et la libert\u00e9 humaine<br \/>\n\u2014 Comment poser ce qui est juste pour la soci\u00e9t\u00e9 ?<br \/>\nNotions : Int\u00e9r\u00eat, Int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral, Int\u00e9r\u00eats particuliers, Bien commun, Volont\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale<br \/>\n\u2014 Le postulat d\u2019un possible progr\u00e8s de l\u2019humanit\u00e9 et de l\u2019homme<br \/>\n\u2014 Le contenu du juste pour la soci\u00e9t\u00e9 : partir des int\u00e9r\u00eats ou du \u201cBien\u201d ?<br \/>\n\u2014 Quelques commentaires apr\u00e8s les expos\u00e9s des participants<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">***<br \/>\nLa question pos\u00e9e le second jour n\u2019est pas de m\u00eame nature que celle pos\u00e9e le premier jour.<br \/>\nOn a abord\u00e9 un des grands probl\u00e8mes de la philosophie, celui de la connaissance de la r\u00e9alit\u00e9, et comment est-elle possible. Il s\u2019agit maintenant d\u2019aborder un autre grand probl\u00e8me de la philosophie, \u2014 de la philosophie morale et politique \u2014 et qui concerne l\u2019orientation de la pratique humaine, la direction de l\u2019action, plus sp\u00e9cialement par rapport \u00e0 ce qui peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme quelque chose qui serait \u00ab juste en soi \u00bb. Comment s\u2019orienter non plus dans la connaissance de la r\u00e9alit\u00e9, mais par rapport \u00e0 ce qui peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme \u201cjuste\u201d, le plus universellement juste.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Analyse de la question<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La question \u00e9tait : \u00ab Comment peut-on savoir ce qui est juste ? \u00bb [toujours ici dans le domaine social et politique].<br \/>\nSi on analyse l\u2019\u00e9nonc\u00e9 de cette deuxi\u00e8me question, on peut constater qu\u2019il y a toujours un probl\u00e8me mais que celui-ci est diff\u00e9rent du pr\u00e9c\u00e9dent. Il ne s\u2019agit plus de chercher \u00e0 savoir comment on peut conna\u00eetre la r\u00e9alit\u00e9 ext\u00e9rieure, en posant correctement le rapport entre le sujet de la connaissance et son objet : la r\u00e9alit\u00e9 objective \u00e0 conna\u00eetre, mais de savoir ce que les hommes peuvent consid\u00e9rer comme juste dans leurs actes.<br \/>\nIl faut donc ici s\u2019interroger sur la notion de juste, et le fait qu\u2019on ne fasse pas mention de la r\u00e9alit\u00e9 dans cette question, signale qu\u2019il n\u2019y a rien dans les choses elles-m\u00eames qui puissent nous indiquer ce qui est juste, juste du point de vue humain. La d\u00e9finition du juste et le juste ne se trouvent pas en tant que tels dans la r\u00e9alit\u00e9. On peut poser que le contenu du juste, ce serait par exemple l\u2019\u00e9galit\u00e9, alors que l\u2019\u00e9galit\u00e9 n\u2019existe pas n\u00e9cessairement dans la r\u00e9alit\u00e9.<br \/>\nO\u00f9 chercher alors le juste ? Est-il comme la r\u00e9alit\u00e9, ext\u00e9rieur, ind\u00e9pendant de la conscience qu\u2019on peut en avoir ?<br \/>\nOn a vu qu\u2019il existait des difficult\u00e9s, des limites dans le processus de la connaissance de la r\u00e9alit\u00e9, ext\u00e9rieure \u00e0 nous. Le probl\u00e8me est diff\u00e9rent pour le juste. La question se rapporte aujourd\u2019hui \u00e0 une autre facult\u00e9 humaine : celle qui permet de savoir ou de reconna\u00eetre le juste de l\u2019injuste, mais aussi ce qui est bien, de distinguer le bien du mal.<br \/>\nAvant d\u2019analyser les r\u00e9ponses aux questions, on va poser tout de suite que cette facult\u00e9 humaine, la conscience du bien, et du juste, n\u2019est pas ext\u00e9rieure aux hommes, m\u00eame quand ils agissent de fa\u00e7on injuste. Le juste n\u2019est pas \u00e0 chercher hors de nous, mais dans la conscience.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Qu\u2019est-ce que ce qui est juste, qu\u2019est-ce qui est bien ? Pour simplifier, on va poser ici comme \u00e9quivalentes les notions de bien et de juste, bien qu\u2019il existe des distinctions entre les deux notions<br \/>\nUn d\u2019entre vous s\u2019est pos\u00e9 la question : cette question concerne-t-elle la connaissance ou la morale ?<br \/>\nOn verra que la question concerne la morale, mais aussi d\u2019une certain fa\u00e7on la raison, bien que l\u2019usage de la raison ne porte pas ici sur l\u2019analyse d\u2019un objet ext\u00e9rieur \u00e0 nous.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Qu\u2019est-ce que le juste ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On va examiner les r\u00e9ponses qui ont \u00e9t\u00e9 donn\u00e9es \u00e0 la question.<br \/>\nIl faut noter que la diff\u00e9rence entre la question de la premi\u00e8re journ\u00e9e et celle d\u2019aujourd\u2019hui, le fait qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019un probl\u00e8me diff\u00e9rent, a \u00e9t\u00e9 parfois difficile \u00e0 saisir.<br \/>\nPlusieurs cat\u00e9gories de r\u00e9ponse ont \u00e9t\u00e9 donn\u00e9es \u00e0 propos de la d\u00e9finition du juste. On pourra discuter des la validit\u00e9 de ces r\u00e9ponses.<br \/>\n\u2014 Ce qui est juste a pu \u00eatre identifi\u00e9 avec ce qui est utile, l\u2019id\u00e9e \u00ab d\u2019ajustement \u00bb entre l\u2019objectif que l\u2019on vise, les moyens utilis\u00e9s, \u00ab le r\u00e9sultat obtenu \u00bb. C\u2019est un des sens possibles du mot juste, mais qui ne concerne pas vraiment le probl\u00e8me pos\u00e9 aujourd\u2019hui.<br \/>\nIdentifier le juste et l\u2019utile renvoie \u00e0 une conception utilitariste du monde et de la politique, centr\u00e9e sur des volont\u00e9s et int\u00e9r\u00eats subjectifs, ce que l\u2019on veut, ce qui nous satisfait : comment r\u00e9ussir \u00e0 obtenir ce que l\u2019on veut, que ce soit juste, bien, ou non. Dans les r\u00e9ponses donn\u00e9es, les moyens envisag\u00e9s pour r\u00e9aliser l\u2019utile restent associ\u00e9s \u00e0 la question de la connaissance de la r\u00e9alit\u00e9 : \u00ab analyser, conna\u00eetre \u00bb, \u00ab se confronter \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 \u00bb, etc. Ce qui est juste n\u2019est pas con\u00e7u comme relevant du domaine du bien, mais comme relevant du domaine du possible, que ce possible soit juste ou non.<br \/>\nExemple : des groupements politiques fascistes peuvent penser que ce qui est juste (de leur point de vue), c\u2019est d\u2019arriver \u00e0 prendre le pouvoir, d\u00e9truire tous ceux qui s\u2019opposent \u00e0 eux. Pour cela, ils peuvent chercher \u00e0 conna\u00eetre la situation et les opinions des gens, afin de parvenir \u00e0 un but, qu\u2019on ne consid\u00e8re pas en g\u00e9n\u00e9ral comme juste dans un monde civilis\u00e9.<br \/>\n\u2014 Ce type de conception, identifiant le juste et l\u2019utile, peut \u00eatre rapproch\u00e9 d\u2019un autre, qui consid\u00e8re la relation entre les hommes uniquement d\u2019un point de vue pragmatique. On ne se pr\u00e9occupe pas d\u2019abord de d\u00e9finir ce que l\u2019on estime juste en soi, mais ce qui permet des relations vivables entre les hommes, m\u00eame si cela ne permet pas vraiment de r\u00e9aliser le bien commun : on pose par exemple la n\u00e9cessit\u00e9 de \u00ab ne pas empi\u00e9ter sur la libert\u00e9 des autres \u00bb. On peut comprendre le juste ainsi, mais ce n\u2019est pas le probl\u00e8me du juste en lui-m\u00eame, tel qu\u2019on va essayer de le poser. (A noter que le r\u00e9gime capitaliste peut pr\u00e9tendre d\u00e9finir une soci\u00e9t\u00e9 de \u201clibert\u00e9\u201d o\u00f9 il est interdit d\u2019empi\u00e9ter sur la libert\u00e9 d\u2019autrui.)<br \/>\n\u2014 Certaines r\u00e9ponses identifient aussi le juste avec le bonheur : r\u00e9aliser pour un individu, pour un groupe, voire une classe sociale, \u00ab ce que l\u2019on souhaite \u00bb, \u00ab ce que l\u2019on d\u00e9sire \u00bb, \u00ab chercher \u00e0 bien vivre \u00bb, et \u00e9ventuellement \u00e0 bien vivre ensemble, sans se pr\u00e9occuper d\u2019abord de ce qui est juste en soi, bien, dans son principe.<br \/>\nOr, le bonheur et le juste peuvent parfois co\u00efncider, mais pas n\u00e9cessairement.<br \/>\nCes fa\u00e7ons de concevoir le juste, comme utile ou comme \u00e9quivalent au bonheur, ne posent pas qu\u2019il existe un bien en soi, \u201cobjectif\u201d pourrait-on dire. La d\u00e9finition du juste d\u00e9pend ici de positions subjectives, ce que chacun estime \u00eatre utile (pour lui ou pour son groupe, sa classe sociale), ce que chacun juge possible de r\u00e9aliser, le bonheur que chacun esp\u00e8re.<br \/>\n\u2014 Enfin pour la majorit\u00e9, le juste a \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9 \u00e0 ce qui est \u00ab ce qui est bien \u00bb, \u00ab ce qui est droit \u00bb, \u00ab ce qui est moral \u00bb, etc. En quelque sorte \u00e0 quelque chose d\u2019universel, qui ne serait pas juste seulement pour certains individus ou groupes. C\u2019est le probl\u00e8me pos\u00e9 par la question d\u2019aujourd\u2019hui.<br \/>\nCar, m\u00eame quand on \u00e9lude le bien, on peut postuler que le juste et le bien sont en leur principe valables pour tous les hommes. \u00ab Le bien est toujours le bien, m\u00eame si personne n\u2019est bon \u00bb, dit Kant.<br \/>\nDans les r\u00e9ponses, cette conception du juste se pr\u00e9sente sous deux aspects, pas forc\u00e9ment contradictoires.<br \/>\n\u2014 Ou bien on pose que la morale, la conscience du bien et du mal, serait quelque chose qui viendrait de toutes pi\u00e8ces de l\u2019ext\u00e9rieur des sujets, qui serait inculqu\u00e9, ou plus ou moins impos\u00e9, par l\u2019\u00e9ducation, les normes sociales, les r\u00e8gles morales, du devoir, du droit. Dans ce cas les hommes semblent consid\u00e9r\u00e9s comme \u00e9tant toujours des mineurs, non responsables de leurs choix moraux, ayant besoin d\u2019une tutelle.<br \/>\n\u2014 Ou bien, on pense qu\u2019il y aurait en chaque homme la facult\u00e9 de distinguer le bien du mal, qu\u2019on agisse ensuite, ou non, selon son devoir. Les sujets humains sont dans ce cas consid\u00e9r\u00e9s comme \u00e9tant capables de devenir majeurs, responsables de leurs actes. Certains ont parl\u00e9 en ce sens de l\u2019existence en l\u2019homme d\u2019une conscience morale. Que l\u2019individu \u201c\u00e9coute\u201d ou \u201cn\u2019\u00e9coute pas\u201d cette conscience, il serait capable de discerner entre le bien et le mal, entre ce qui est juste et ce qui est injuste. L\u2019\u00e9ducation, la religion, les lois seraient utiles, mais elles ne feraient qu\u2019aider \u00e0 mieux reconna\u00eetre le bien, le juste. Ce que certains ont appel\u00e9 : \u00ab le sens de la justice \u00bb, ou \u00ab rester droit \u00bb.<br \/>\n\u2014 Il a aussi \u00e9t\u00e9 pr\u00e9cis\u00e9 qu\u2019il s\u2019agissait l\u00e0 d\u2019une facult\u00e9 propre \u00e0 l\u2019homme, en relation avec \u00ab ce qui ressort de la libert\u00e9 humaine \u00bb. Chacun aurait la libert\u00e9 de s\u2019orienter vers le bien, ou de s\u2019y refuser, en toute connaissance de cause. Ce qu\u2019on appelle aussi le libre-arbitre.<br \/>\n\u2014 Enfin, pour tous ceux qui pensent que chaque homme est capable de discerner le bien du mal, le juste de l\u2019injuste, et que le bien et le juste ont une qualit\u00e9 objective, on en conclut que les principes fondamentaux du bien, du juste, sont plus ou moins universels, et non li\u00e9s aux inclinaisons subjectives de tel ou tel individu (ou cat\u00e9gorie sociale).<br \/>\nDans les r\u00e9ponses \u00e0 la deuxi\u00e8me partie de la question, on trouve aussi des essais pour d\u00e9finir le contenu de ce qui est juste en soi (sans conditions), pour les hommes et pour la soci\u00e9t\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire pour le bien commun. Ce qui est juste se d\u00e9finirait par des contenus universels : \u00ab faire aller vers le progr\u00e8s \u00bb, vers \u00ab une meilleure soci\u00e9t\u00e9 \u00bb, \u00ab satisfaire les besoins sociaux \u00bb, \u00ab \u00e9manciper \u00bb, avec un accent particulier port\u00e9 sur l\u2019\u00e9galit\u00e9 : \u00ab \u00e9galit\u00e9 des conditions \u00bb, \u00ab que chacun contribue au bien de la soci\u00e9t\u00e9 \u00bb.<br \/>\n\u2014 Sur la base de ce principe universel de discernement du bien et du juste, signe et manifestation de la libert\u00e9 humaine, il y aurait possibilit\u00e9 de s\u2019\u00e9lever aux plus hautes potentialit\u00e9s contenues dans l\u2019humanit\u00e9. Les participants ont parl\u00e9 d\u2019\u00eatre ou de devenir \u00ab vraiment humain \u00bb, de \u00ab sortir de l\u2019animalit\u00e9 \u00bb, \u00ab de la sauvagerie \u00bb, \u00ab de l\u2019\u00e9tat de nature \u00bb (au sens de jungle), \u00ab de la barbarie \u00bb. Ou bien on a mis en avant la \u00ab conscience morale \u00bb, le \u00ab sens du juste \u00bb, en relation avec \u00ab l\u2019\u00e9mancipation des hommes \u00bb, leur possibilit\u00e9 de \u00ab s\u2019\u00e9lever, progresser \u00bb.<br \/>\nOn va reprendre l\u2019expos\u00e9 apr\u00e8s l\u2019analyse de quelques notions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Analyse de Notions : Utilit\u00e9, Bonheur, Juste, Bien, Morale, Raison (morale) pratique.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La <em>Morale<\/em> : c\u2019est ce qui concerne les m\u0153urs humaines, c\u2019est-\u00e0-dire la conduite, les habitudes, les usages, les actions, d\u2019un ensemble d\u2019hommes.<br \/>\nCela s\u2019applique aux r\u00e8gles de conduite des hommes, et \u00e0 leur orientation (en principe vers le bien).<br \/>\nLa \u201cpersonne morale\u201d en droit, c\u2019est une personne responsable, susceptible de discerner le bien du mal, savoir orienter son action en fonction de cette facult\u00e9 de discernement.<br \/>\nSelon les doctrines, la morale serait variable selon les soci\u00e9t\u00e9s, les conditions (il y aurait plusieurs \u201cmorales\u201d), ou, au contraire, la morale serait \u201cinconditionn\u00e9e\u201d, les grands principes moraux poseraient dans toutes les civilisations \u00e0 peu pr\u00e8s les m\u00eames obligations. Il y aurait une universalit\u00e9 de la morale, qui correspondrait \u00e0 une sortie de l\u2019animalit\u00e9, de la sauvagerie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Juste<\/em>. Ce qui est juste peut \u00eatre compris comme ce qui est conforme au droit (jus ou ius : c\u2019est le droit en latin).<br \/>\nMais la Justicia chez les Romains est pr\u00e9cis\u00e9ment la science du bon et de l\u2019\u00e9gal (ars bona et \u00e6qui).<br \/>\nDonc le juste porte l\u2019id\u00e9e de bon et \u00e9gal \u00e0 tous (voir l\u2019id\u00e9e d\u2019\u00e9galit\u00e9, d\u2019\u00e9quitable dans l\u2019expression ex-\u00e6quo). Le juste s\u2019oppose \u00e0 l\u2019injuste, l\u2019in\u00e9quitable, et dans une certaine mesure \u00e0 l\u2019in\u00e9gal, et aussi \u00e0 ce qui est mauvais.<br \/>\nEn fran\u00e7ais il y a aussi l\u2019id\u00e9e de ce qui est \u201cdroit\u201d : agir selon des principes, rectitude, honn\u00eatet\u00e9.<br \/>\n\u00ab Enfants, on \u00e9tait pas riches, mais on a tous pouss\u00e9 droit \u00bb<br \/>\nL\u2019id\u00e9e de juste en soi, universel, s\u2019oppose \u00e0 la subjectivit\u00e9, l\u2019\u00e9go\u00efsme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le <em>Bien<\/em> est une notion qui rel\u00e8ve de la morale, mais on sait qu\u2019elle est aussi pr\u00e9sente dans le domaine politique avec l\u2019id\u00e9e de bien commun. Le bien ne pose pas forc\u00e9ment l\u2019id\u00e9e d\u2019\u00e9galit\u00e9, d\u2019\u00e9quitable.<br \/>\nDans la conception morale : le bien c\u2019est le devoir, ce qu\u2019on doit faire, non par contrainte, mais par choix, par libert\u00e9, \u201cbonne volont\u00e9\u201d.<br \/>\nLe moyen objectif de reconna\u00eetre le bien, c\u2019est ce qui peut \u00eatre pos\u00e9 comme valant pour tous les hommes (universalit\u00e9).<br \/>\n(Pour la conception utilitaire, le bien se limite \u00e0 ce qui est utile \u00e0 un but particulier donn\u00e9, pour des groupes particuliers, qu\u2019il soit juste ou non).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019Utilit\u00e9 : ce qui a sa valeur par rapport \u00e0 un but particulier \u00e0 atteindre, et le plus souvent, ce qui sert \u00e0 la vie, au bonheur, \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat, plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 la v\u00e9rit\u00e9, au bien, \u00e0 la justice.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le <em>Bonheur<\/em> peut \u00eatre pos\u00e9 comme la chance pour un individu ou la satisfaction de nos d\u00e9sirs ou de toutes nos inclinations, avec l\u2019id\u00e9e d\u2019une certaine stabilit\u00e9, par rapport au plaisir. Le bonheur d\u00e9pend ici des attentes, des aspirations qui peuvent varier selon les individus, les subjectivit\u00e9s. Toutefois si l\u2019inclination au bien domine chez un individu, alors le bonheur peut co\u00efncider avec le bien, le juste (se pr\u00e9senter comme universel).<br \/>\nLe bonheur est distinct des notions de plaisir ou de joie qui sont passagers.<\/p>\n<p><em>Raison pratique<\/em> (et raison morale pratique) : La raison pratique se rapporte \u00e0 l\u2019action humaine, \u00e0 ce qui est possible par libert\u00e9 ou volont\u00e9 libre. La pratique est une action en vue de la r\u00e9alisation d\u2019un objectif, qu\u2019on se repr\u00e9sente d\u2019abord en pens\u00e9e (de m\u00eame qu\u2019on se repr\u00e9sente les moyens qui permettent d\u2019atteindre cet objectif).<br \/>\n\u2014 La raison pratique (au sens pragmatique) peut s\u2019appliquer \u00e0 des op\u00e9rations dans un registre \u201ctechnique\u201d (cf. le travail humain) : un but sp\u00e9cifique \u00e9tant voulu, il faut adapter des moyens convenant \u00e0 sa r\u00e9alisation, dans des conditions donn\u00e9es. On n\u2019est pas dans le domaine de la morale, mais de la vis\u00e9e utile (voir l\u2019adage : \u00ab qui veut la fin veut les moyens \u00bb). Dans ce cadre \u201ctechnique\u201d, \u201cutile\u201d, la raison pratique est subordonn\u00e9e aux conditions de l\u2019exp\u00e9rience (directe ou indirecte). La raison pratique, seulement pragmatique, a tendance \u00e0 se poser comme seule possible, sans prise en compte de la question du bien.<br \/>\n\u2014 La raison pratique (morale) ne se d\u00e9termine pas en fonction de buts particuliers, elle ob\u00e9it \u00e0 la forme de la loi morale, qui est l\u2019universalit\u00e9. Dans son versant \u201cmoral\u201d, la raison pratique s\u2019applique dans le registre de l\u2019orientation de l\u2019action vers le juste. Etant \u201cinconditionn\u00e9e \u201d, elle n\u2019ob\u00e9it pas \u00e0 des conditions particuli\u00e8res (1), mais \u00e0 la loi morale, de forme universelle. Elle ne peut donc \u201cerrer\u201d (Voir en ce sens chez Rousseau, l\u2019id\u00e9e que la volont\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale ne peut errer \u2014 c\u2019est-\u00e0-dire se tromper).<br \/>\nEn politique l\u2019application de la raison pratique peut relever de ces deux ordres (pragmatique et moral).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Comment savoir ce qui est juste ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A propos de la d\u00e9finition du juste, on a vu qu\u2019il \u00e9tait pr\u00e9f\u00e9rable de distinguer entre ce qui est seulement utile, centr\u00e9 sur l\u2019int\u00e9r\u00eat, l\u2019avantageux (pour des individus ou des groupes particuliers), et, ce qui est juste en soi, valable universellement. Ind\u00e9pendamment de cette question de d\u00e9finition du juste, plusieurs autres probl\u00e8mes ont \u00e9t\u00e9 signal\u00e9s dans les r\u00e9ponses des participants :<br \/>\n\u2014 Quelle relation \u00e9tablir entre la connaissance de la r\u00e9alit\u00e9 et de ce qui est juste, et entre le possible et le juste ? Et regroupant les questions du vrai, du juste et du possible, plusieurs se demandent comment peut-on r\u00e9aliser ce qui est juste, dans quelles conditions ?<br \/>\n\u2014 La capacit\u00e9 \u00e0 s\u2019orienter vers le bien d\u00e9pend-elle du type de soci\u00e9t\u00e9 dans laquelle on vit ou bien est-elle toujours pr\u00e9sente chez tout homme, au moins \u00e0 l\u2019\u00e9tat de virtualit\u00e9 ?<br \/>\n\u2014 Et enfin, d\u2019o\u00f9 viennent les principes du juste, du bien et du bien commun ?<br \/>\n\u2014 Comment le d\u00e9gager ?<br \/>\nOn ne pourra s\u2019int\u00e9resser \u00e0 toutes ces questions, on va d\u00e9j\u00e0 essayer de mieux cerner la question : comment savoir ce qui est juste ?<br \/>\nIl faut d\u2019abord rappeler que la connaissance de la r\u00e9alit\u00e9, et, la morale (juger du bien et du mal, et orienter son action), rel\u00e8vent de deux domaines distincts. Savoir en quoi consiste le bien ne d\u00e9pend pas d\u2019abord de la confrontation avec la r\u00e9alit\u00e9 ext\u00e9rieure, m\u00eame si les conditions de la r\u00e9alit\u00e9 jouent leur r\u00f4le, pour percevoir ce qu\u2019est la justice ou l\u2019injustice.<br \/>\nSavoir en quoi consiste le bien ne d\u00e9pend pas non plus de la raison pure (sp\u00e9culative). On peut tr\u00e8s bien faire des raisonnements impeccables pour justifier de mauvaises inclinations. La capacit\u00e9 \u00e0 discerner le bien serait plut\u00f4t \u00e0 consid\u00e9rer comme un \u201cdonn\u00e9 int\u00e9rieur\u201d pour les hommes. L\u2019intuition suffirait \u00e0 distinguer le bien du mal. Ce qui ne veut pas dire que la capacit\u00e9 d\u2019orientation, savoir ce qui est juste, serait inn\u00e9e, mais que chaque homme, aid\u00e9 par l\u2019\u00e9ducation, la raison naturelle, pourrait discerner en lui, par lui-m\u00eame, entre le bien et le mal, le juste et l\u2019injuste (du point de vue de l\u2019universalit\u00e9). Les cat\u00e9gories morales existeraient a priori dans la raison pratique, ici en tant que raison morale. A priori, ici encore, ne signifiant pas inn\u00e9, mais ce que chaque homme, aid\u00e9 par le r\u00f4le r\u00e9gulateur de la raison et par l\u2019\u00e9ducation, pourrait discerner en lui, pour r\u00e9gler sa conduite.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De la sorte, savoir s\u2019orienter vers le bien, ce qui est juste, ne pr\u00e9senterait pas les m\u00eames difficult\u00e9s que pour la connaissance de la r\u00e9alit\u00e9 ext\u00e9rieure. D\u2019une part, parce que la conscience morale ne serait pas ext\u00e9rieure aux hommes, ind\u00e9pendante de nous. D\u2019autre part parce que la raison (morale) pratique, qui porte sur le jugement moral, serait accessible \u00e0 tout homme. L\u2019entendement humain pourrait acc\u00e9der au savoir de l\u2019action juste, m\u00eame en l\u2019absence de connaissances et de capacit\u00e9s rationnelles pleinement d\u00e9velopp\u00e9es.<br \/>\nC\u2019est un peu ce que Rousseau veut dire quand il pose que la capacit\u00e9 \u00e0 s\u2019orienter (vers le bien) est pr\u00e9sente en tout homme, notamment dans le peuple, les individus composant le peuple, m\u00eame si leur raison, au sens sp\u00e9culatif du mot, n\u2019est pas aussi d\u00e9velopp\u00e9e que chez ceux qui les gouvernent.<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\u00ab Lors m\u00eame que votre raison est sup\u00e9rieure \u00e0 la n\u00f4tre, ce n\u2019est pas dire qu\u2019elle doive nous servir de loi. Chacun a assez de raison pour se conduire lui m\u00eame \u00bb.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n[Ce qui ne signifie pas qu\u2019il faille refuser d\u2019ob\u00e9ir aux lois, surtout quand elles sont l\u2019expression de la volont\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale. Mais c\u2019est une autre question qu\u2019on ne peut traiter ici.]<br \/>\nLa raison morale pratique en nous servirait de boussole pour s\u2019orienter, ce qui ne veut pas dire qu\u2019on aille toujours dans le sens du devoir. On peut tr\u00e8s bien avoir une id\u00e9e de ce qui est juste et, comme le dit Rousseau, \u00ab \u00e9luder le bien \u00bb qu\u2019on est capable de voir.<br \/>\n***<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les crit\u00e8res permettant de juger de l\u2019action juste.<br \/>\nC\u2019est sans doute Kant qui a le mieux d\u00e9gag\u00e9 des crit\u00e8res aidant \u00e0 guider l\u2019action vers le bien, ce que l\u2019on peut nommer son devoir.<br \/>\nPuisque la capacit\u00e9 \u00e0 distinguer ce qui est bien existe potentiellement en tout homme, il ne peut y avoir trente-six sortes de bien, li\u00e9es \u00e0 des inclinaisons subjectives. Le bien peut se d\u00e9terminer en relation avec un principe universel, que tout homme est apte \u00e0 reconna\u00eetre. Le bien pourrait se d\u00e9finir comme: ce qui est voulu par une volont\u00e9 individuelle qui se d\u00e9termine selon une loi universelle. Ce qui donne les maximes (2) suivantes pour s\u2019orienter :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\u00ab Agis de telle sorte que la maxime de ta volont\u00e9 puisse toujours valoir en m\u00eame temps comme principe d\u2019une l\u00e9gislation universelle. \u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">On peut chacun chercher \u00e0 partir de diff\u00e9rents probl\u00e8mes en quoi cela peut aider \u00e0 discerner ce qui est juste. Par exemple, on ne peut pas poser comme principe universel, une maxime telle que : \u00ab ce qui est hors de ma communaut\u00e9 doit \u00eatre extermin\u00e9 \u00bb (mais il existe des maximes non universalisables plus subtiles, qui peuvent m\u00eame se poser en apparence \u00e0 partir de principes \u00e9galitaires).<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nAutre maxime : \u00ab Agis de telle sorte que tu traites l\u2019humanit\u00e9, aussi bien dans ta personne que dans celle d\u2019autrui, toujours seulement comme une fin et jamais comme un moyen. \u00bb.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nOn voit l\u00e0 que cette maxime s\u2019oppose \u00e0 l\u2019exploitation de l\u2019homme par l\u2019homme, qui suppose l\u2019utilisation de l\u2019homme comme moyen.<br \/>\nOn peut enfreindre le devoir, les imp\u00e9ratifs moraux, mais ces infractions ne peuvent alors \u00eatre conformes \u00e0 la loi morale et \u00e0 la conscience morale, ou vraiment libre.<br \/>\nCe qui conduit \u00e0 s\u2019interroger sur d\u2019autres notions Libert\u00e9, Volont\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Notions : Libert\u00e9, Volont\u00e9, bonne volont\u00e9, mauvaise volont\u00e9<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Libert\u00e9, libre<\/em> : \u00eatre libre, c\u2019est ne pas \u00eatre esclave, ne pas \u00eatre sous tutelle. Est libre celui qui fait ce qu\u2019il choisit de faire et non ce qui est voulu par un autre, celui qui agit conform\u00e9ment \u00e0 sa volont\u00e9, se d\u00e9termine par lui-m\u00eame.<br \/>\nC\u2019est la libert\u00e9 de s\u2019orienter par soi-m\u00eame, avec son libre-arbitre dans le choix de son action, vers le bien ou le mal. La libert\u00e9 morale consiste \u00e0 se d\u00e9terminer et agir sur la base de sa propre conscience morale. C\u2019est la libert\u00e9 de l\u2019homme devenu majeur, et non de l\u2019homme encore mineur.<br \/>\nMais \u00eatre libre suppose aussi ne pas \u00eatre esclave de ses passions (passif), de ses instincts, de ses inclinaisons subjectives.<br \/>\nEn politique, la libert\u00e9 co\u00efncide avec l\u2019\u00e9tat de citoyen, responsable du bien de la Cit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Volont\u00e9<\/em> : la notion de volont\u00e9 est li\u00e9e \u00e0 celle de libert\u00e9 de choix. Volont\u00e9 et libre arbitre ne sont pas deux facult\u00e9s mais une seule. La volont\u00e9 \u00e9tant de se porter sans contrainte vers une action.<br \/>\nDans le sens classique, la volont\u00e9 est une forme de l\u2019activit\u00e9 qui comporte dans sa forme compl\u00e8te : la repr\u00e9sentation personnelle de l\u2019acte \u00e0 produire, un arr\u00eat temporaire de la tendance \u00e0 cet acte, la conception des raisons de l\u2019accomplir ou de ne pas l\u2019accomplir, le sentiment de la valeur de ces raisons, la d\u00e9cision d\u2019agir comme elles l\u2019indiquent ou de s\u2019en abstenir (c\u2019est donc tr\u00e8s li\u00e9 \u00e0 l\u2019id\u00e9e de libert\u00e9, de conscience, de libre-arbitre \u00e9clair\u00e9 par la raison).<br \/>\nOn verra que cette d\u00e9finition compl\u00e8te nous aidera \u00e0 mieux comprendre ce qu\u2019est vraiment la Volont\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale.<br \/>\nDans le sens que lui ont donn\u00e9 certains th\u00e9oriciens allemands, la volont\u00e9 au contraire, ne serait que la simple \u00e9nergie d\u2019une tendance instinctive ou induite par la communaut\u00e9 d\u2019appartenance (un genre \u201cd\u2019instinct vital\u201c). Ou bien il n\u2019y aurait pas de volont\u00e9 libre humaine, toujours une d\u00e9pendance ext\u00e9rieure. Du Serf arbitre de Luther signifie la servitude de la volont\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9gard de puissances ext\u00e9rieures \u00e0 l\u2019homme.<br \/>\nLa <em>Bonne volont\u00e9<\/em> : c\u2019est la ferme d\u00e9cision de faire le bien, ou le mieux qu\u2019on peut selon ses capacit\u00e9s.<br \/>\nLa <em>Mauvaise volont\u00e9<\/em> : serait une volont\u00e9 dirig\u00e9e vers le mal, ou, plus prosa\u00efquement l\u2019essai de se soustraire \u00e0 son devoir, ses obligations.<\/p>\n<p>Ces d\u00e9finitions conduisent \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir au lien entre l\u2019orientation des actions dans leur rapport \u00e0 la libert\u00e9 humaine, qui touche aussi \u00e0 l\u2019orientation en politique, la politique se situant pr\u00e9cis\u00e9ment, on le verra dans le prochain chapitre, dans le domaine de ce qui est possible par libert\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L\u2019orientation vers le juste et la libert\u00e9 humaine<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La facult\u00e9 humaine de discernement du bien et du mal, du juste et de l\u2019injuste, se pose en relation avec la volont\u00e9 et la pratique humaine, celle-ci se d\u00e9finissant, on l\u2019a vu, comme une activit\u00e9 cr\u00e9atrice, consciente de ses buts, donc libre.<br \/>\n\u00ab Est pratique, tout ce qui est possible par libert\u00e9 \u00bb, telle \u00e9tait une d\u00e9finition de la pratique propos\u00e9e par Kant.<br \/>\nQu\u2019est-ce que cela veut dire : Que dans des conditions donn\u00e9es, les hommes pour agir, peuvent choisir, selon leur propre d\u00e9termination consciente, entre une orientation et une autre (parfois entre des possibles distincts).<br \/>\nCe que l\u2019on appelle aussi le libre arbitre.<br \/>\nLe libre-arbitre ne signifie pas que l\u2019action ne soit pas aussi conditionn\u00e9e par des d\u00e9terminations g\u00e9n\u00e9rales.<br \/>\nLe libre-arbitre signifie qu\u2019on peut se d\u00e9terminer dans une direction plut\u00f4t que dans une autre pour tout ce qui d\u00e9pend de notre libert\u00e9, plus sp\u00e9cialement dans le domaine moral.<br \/>\nCela n\u2019exclut donc pas l\u2019existence de d\u00e9terminismes, c\u2019est-\u00e0-dire de ce qui est d\u00e9termin\u00e9 ou s\u2019impose par autre chose que nous-m\u00eames, c\u2019est-\u00e0-dire ce qui n\u2019est pas possible par libert\u00e9.<br \/>\nDans ce qui touche \u00e0 ce qui est possible par libert\u00e9 (la morale, la politique), le devoir consiste \u00e0 vouloir le bien. Et le devoir n\u2019est possible que par libert\u00e9. L\u2019existence m\u00eame du devoir, puisqu\u2019on peut refuser d\u2019y ob\u00e9ir, atteste de l\u2019existence de la libert\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il existe plusieurs champs pour la pratique : la conduite individuelle, la production, le travail humain, la connaissance scientifique, et la politique, la politique \u00e9tant ce qui nous int\u00e9resse en premier lieu.<br \/>\nEt ici de nouveau, on a \u00e0 lutter sur deux fronts. Contre ceux qui ne voient que le d\u00e9terminisme, et contre ceux qui pensent que la volont\u00e9 est toute puissante, (probl\u00e8me que l\u2019on d\u00e9taillera dans le chapitre suivant). On va voir d\u2019abord comment l\u2019orientation vers le bien, le juste, d\u00e9pend, dans des conditions donn\u00e9es, de la libert\u00e9 humaine.<br \/>\n\u2014 S\u2019agissant de l\u2019action morale, et politique, il est souvent affirm\u00e9 (contre la pr\u00e9tention du peuple \u00e0 savoir s\u2019orienter vers le bien ou le juste), qu\u2019il existerait des d\u00e9terminismes absolus de l\u2019action qui lui interdirait de d\u00e9finir ce qui est bon pour la soci\u00e9t\u00e9. Seule la raison la plus d\u00e9velopp\u00e9e (des \u201c\u00e9lites\u201d, des gouvernants, des gens \u00e9clair\u00e9s) pourrait alors d\u00e9finir ce qui convient \u00e0 l\u2019ordre social. Ou bien encore, on affirme que le mouvement irr\u00e9pressible de la r\u00e9alit\u00e9 (des \u00e9changes marchands) impose de lui-m\u00eame le bien.<br \/>\n\u2014 Dans un autre registre, les partisans d\u2019un rationalisme dogmatique identifient le mouvement du monde et le mouvement de la raison. Les progr\u00e8s de la raison, de la connaissance du monde ext\u00e9rieur sont assimil\u00e9s par eux aux progr\u00e8s du bien, voire de la moralit\u00e9 (ce que critiqueront Rousseau et Robespierre notamment). Il d\u00e9coule de cette conception que le peuple moins instruit, ou moins raisonnable que les classes sup\u00e9rieures, ne peut jamais conna\u00eetre ce qui est bien pour la soci\u00e9t\u00e9, ni m\u00eame ce qui est bon pour lui. Seuls les plus savants ayant la raison la mieux d\u00e9velopp\u00e9e pourraient orienter la marche de la soci\u00e9t\u00e9. C\u2019est ce que des hommes politiques du XIXe si\u00e8cle, ont nomm\u00e9 la \u00ab souverainet\u00e9 de la raison \u00bb.<br \/>\n\u2014 D\u2019autres conceptions affirment que le monde et le bien sont une seule et m\u00eame chose. \u00ab Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles \u00bb. Donc, le mouvement du monde serait cens\u00e9 produire spontan\u00e9ment la perfection, le progr\u00e8s. Un plan de la nature, une harmonie pr\u00e9-\u00e9tablie, feraient agir les hommes spontan\u00e9ment dans le bon sens. Par cons\u00e9quent, les hommes, le peuple n\u2019auraient qu\u2019\u00e0 s\u2019adapter \u00e0 ce monde, sans possibilit\u00e9 d\u2019action par libert\u00e9, ils ne pourraient travailler \u00e0 changer le cours des choses. Ici aussi, seuls ceux qui savent reconna\u00eetre, interpr\u00e9ter la pr\u00e9tendue merveilleuse \u00ab harmonie pr\u00e9-\u00e9tablie \u00bb de l\u2019ordre social, seraient aptes \u00e0 diriger la soci\u00e9t\u00e9.<br \/>\nDans tous les cas, la distinction n\u2019est pas faite, entre causes dites \u00ab objectives \u00bb, et causes humaines, orientation par libert\u00e9 des sujets humains (A \u00f4ter que ceux qui se r\u00e9clament du marxisme ne font pas non plus cette distinction, soit qu\u2019ils pensent que l\u2019on a \u00e0 se reposer sur le mouvement spontan\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9, soit qu\u2019ils imaginent que la \u201cvolont\u00e9\u201d ou l\u2019\u00e9nergie r\u00e9volutionnaire se suffisent \u00e0 elles-m\u00eames).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le postulat d\u2019un possible progr\u00e8s de l\u2019humanit\u00e9 et de l\u2019homme<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour poser la possibilit\u00e9 pour le peuple de s\u2019orienter vers le bien pour la soci\u00e9t\u00e9, il est n\u00e9cessaire de poser un postulat (ce que fait \u00e0 sa fa\u00e7on Kant), le postulat selon lequel il y aurait dans l\u2019humanit\u00e9 un chemin qui, dans l\u2019ensemble, va de la barbarie \u00e0 la civilisation, au progr\u00e8s, m\u00eame si cela n\u2019est pas forc\u00e9ment valable pour les hommes individuels (limit\u00e9s dans le temps), ni un progr\u00e8s \u00e9voluant de fa\u00e7on lin\u00e9aire dans tous les moments historiques. En ce sens, il faut chercher dans l\u2019homme ce qui le fait vraiment humain, ce qui permet d\u2019esp\u00e9rer non seulement des progr\u00e8s dans la connaissance g\u00e9n\u00e9rale, dans la science, la technique, mais aussi un progr\u00e8s vers le bien. Il faut donc chercher dans l\u2019homme ce qui fait son humanit\u00e9, m\u00eame si cela est entrav\u00e9 ou n\u2019est pas encore d\u00e9velopp\u00e9 : la possibilit\u00e9 de s\u2019orienter par lui-m\u00eame vers le bien et le bien commun.<br \/>\nIl s\u2019agit l\u00e0 d\u2019un postulat qu\u2019on ne peut d\u00e9montrer, mais qui permet d\u2019esp\u00e9rer. Ce postulat se pose pour l\u2019ensemble de l\u2019histoire de l\u2019humanit\u00e9 (en d\u00e9pit des retours en arri\u00e8re, r\u00e9gressions de toutes sortes). On postule que se manifeste dans l\u2019histoire une tendance au progr\u00e8s, \u00e0 la bonne volont\u00e9 humaine, la capacit\u00e9 de s\u2019orienter vers le bien, le juste. Ce qui ne signifie pas que cette tendance se manifeste dans une p\u00e9riode d\u00e9termin\u00e9e, ni qu\u2019il n\u2019existe pas d\u2019inclination vers le mal, ou vers des avantages purement particuliers. De par la situation qui lui est faite, le peuple, plus que les puissants et les riches, pourrait dans ce cadre se trouver plus \u00e0 m\u00eame de s\u2019orienter vers un bien commun.<br \/>\nLongtemps les hommes semblent avoir eu besoin de tutelle pour se diriger moralement (par la religion, la contrainte, la loi impos\u00e9e). Les hommes, le peuple, pendant de longues p\u00e9riodes historiques n\u2019ont pas sembl\u00e9 \u00eatre capables de s\u2019orienter par eux-m\u00eames vers le bien. Ce qu\u2019on a pu appeler \u201cl\u2019\u00e9tat de minorit\u00e9\u201d de l\u2019humanit\u00e9 et des hommes. Les hommes peuvent rester longtemps dans ce statut de mineur, ayant besoin de tutelle ext\u00e9rieure. Mais on peut esp\u00e9rer qu\u2019ils puissent acc\u00e9der \u00e0 la majorit\u00e9, devenir majeurs, c\u2019est-\u00e0-dire s\u2019orienter par eux-m\u00eames (notamment comme le pose Rousseau en modifiant les conditions g\u00e9n\u00e9rales de la soci\u00e9t\u00e9). Cette entr\u00e9e de l\u2019homme dans sa majorit\u00e9, en tant que manifestation dans l\u2019histoire d\u2019une volont\u00e9 bonne, semble attest\u00e9e pour Kant dans le processus de la R\u00e9volution fran\u00e7aise. La R\u00e9volution fran\u00e7aise attesterait que le bien, le progr\u00e8s humain, peuvent s\u2019imposer, m\u00eame si le dernier ma\u00eetre, le ma\u00eetre r\u00e9volutionnaire, c\u2019est-\u00e0-dire le peuple, pr\u00e9sente encore des caract\u00e8res barbares.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Comment poser ce qui est juste pour la soci\u00e9t\u00e9. R\u00e9ponses des participants<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La deuxi\u00e8me partie de la question touchait au juste dans la soci\u00e9t\u00e9. On retrouve le m\u00eame type de r\u00e9ponse que pour les conduites individuelles. Mais comme la question du \u00ab bien commun \u00bb \u00e9tait pos\u00e9e, la relation entre le juste et la morale publique ou sociale, est davantage mise en \u00e9vidence.<br \/>\nQuelques \u00e9l\u00e9ments de r\u00e9ponse donn\u00e9s par les participants se centrent cependant encore sur le juste vu seulement sous l\u2019angle de l\u2019utile, de l\u2019ajustement des moyens par rapport au but : \u00ab v\u00e9rifier si le r\u00e9sultat est conforme \u00e0 l\u2019objectif qu\u2019on s\u2019est fix\u00e9 \u00bb, et pour cela \u00ab avoir une bonne connaissance de la r\u00e9alit\u00e9 \u00bb.<br \/>\nCe n\u2019est pas tout \u00e0 fait le probl\u00e8me pos\u00e9 par la question de ce chapitre, mais plus par le suivant, celui qui concerne la r\u00e9alisation du possible.<br \/>\nCar si on se pr\u00e9occupe du juste (dans une d\u00e9finition universelle), on peut tr\u00e8s bien poser en quoi consiste ce qui est juste, conforme au bien commun, et ne pas pouvoir le r\u00e9aliser dans l\u2019imm\u00e9diat. La d\u00e9finition du bien, du juste, est en quelque sorte absolue, non d\u00e9pendante des conditions. Ce qui ne veut pas dire qu\u2019on n\u2019essaie pas de la lier \u00e0 la question du possible, qui est distincte (et qu\u2019on verra dans le chapitre suivant).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 Dans les r\u00e9ponses, on trouve diff\u00e9rentes grandes fa\u00e7ons de poser ce qui est juste, bien, pour la soci\u00e9t\u00e9. Deux notions distinctes sont propos\u00e9es : int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral et bien commun.<br \/>\n\u2014 Les deux notions ne sont pas tout \u00e0 fait \u00e9quivalentes, on va le voir. La centration sur l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral est davantage centr\u00e9e sur les int\u00e9r\u00eats, donc sur l\u2019avantageux, l\u2019utile, que sur le bien.<br \/>\nIl est parl\u00e9 aussi \u00ab d\u2019int\u00e9r\u00eat de tous \u00bb, ou \u00ab du plus grand nombre \u00bb.<br \/>\nL\u2019int\u00e9r\u00eat de tous comme simple addition des int\u00e9r\u00eats particuliers pose probl\u00e8me. Plusieurs estiment en effet que \u00ab les int\u00e9r\u00eats particuliers peuvent \u00eatre contraires \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral \u00bb, et qu\u2019il faudrait \u00ab les d\u00e9noncer \u00bb.<br \/>\n\u2014 A propos du bien commun (moins centr\u00e9 sur les int\u00e9r\u00eats, sur ce qui est avantageux \u00e0 telle ou telle partie de l\u2019ensemble), la contradiction entre ce qui est bien, ou juste, pour l\u2019individu, ou pour des groupes, des classes, et ce qui est bon pour l\u2019ensemble est \u00e9galement signal\u00e9e.<br \/>\nOn peut aussi \u00eatre \u00e0 cheval sur deux notions : int\u00e9r\u00eat et bien, et opposer les int\u00e9r\u00eats particuliers au bien de l\u2019ensemble. Citation \u00ab il faut faire son devoir de citoyen et poser ce qui est bien pour la Cit\u00e9 avant son int\u00e9r\u00eat propre \u00bb.<br \/>\nLe contenu de ce qui est bien pour la soci\u00e9t\u00e9, est dans les r\u00e9ponses, r\u00e9f\u00e9r\u00e9 \u00e0 un progr\u00e8s : \u00ab aller vers une meilleure soci\u00e9t\u00e9 \u00bb, \u00ab satisfaire les besoins sociaux \u00bb, avec ici encore \u00ab l\u2019id\u00e9e d\u2019\u00e9galit\u00e9 \u00bb.<br \/>\nToutes les r\u00e9ponses centr\u00e9es sur le bien, en tant que satisfaisant la conscience de ce qui est juste pour la soci\u00e9t\u00e9, posent, comme Rousseau et Robespierre, une relation n\u00e9cessaire entre politique et morale. Ce qui renvoie au d\u00e9bat qui, depuis l\u2019Antiquit\u00e9, oppose ceux qui mettent en avant le bien et ceux qui privil\u00e9gient l\u2019int\u00e9r\u00eat au sens de l\u2019utilit\u00e9. Pourquoi le m\u00e9chant est-il plus honor\u00e9 que le bon citoyen, pourquoi viser le bien si cela nous conduit \u00e0 \u00eatre malheureux et m\u00e9pris\u00e9 ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Les notions : Int\u00e9r\u00eat, Int\u00e9r\u00eat particulier, Int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral, Bien commun, Volont\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale. (Voir aussi le Cours Int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral et contradictions de classes)<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Int\u00e9r\u00eat<\/em> : c\u2019est ce qui importe \u00e0 un individu (ou un groupe, une classe), ce qui leur est avantageux, utile. La notion d\u2019int\u00e9r\u00eat correspond dans un premier sens \u00e0 l\u2019id\u00e9e de \u00ab prendre part \u00bb \u00e0 quelque chose de profitable, et par la suite et principalement, \u00e0 l\u2019id\u00e9e de r\u00e9aliser un gain, un profit personnel, priv\u00e9. Si l\u2019on tient compte que lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019int\u00e9r\u00eats particuliers, les deux mots sont en g\u00e9n\u00e9ral pris au pluriel, on peut comprendre la contradiction interne qui peut affecter la notion d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral : G\u00e9n\u00e9ral vient du mot genre : g\u00e9n\u00e9ral, ce qui appartient \u00e0 un m\u00eame genre ou esp\u00e8ce. En politique, l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral, est celui qui vaut (ou vaudrait) pour l\u2019ensemble d\u2019un \u201cgenre\u201d (Cit\u00e9, \u00c9tat, nation).<br \/>\nMais on peut aussi parler d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral pour des \u201cgenres\u201d plus restreints, des cat\u00e9gories sociales : int\u00e9r\u00eat d\u2019une corporation, des fonctionnaires, des ouvriers, de la bourgeoisie, du peuple. Il s\u2019agit en fait de l\u2019int\u00e9r\u00eat de \u201cgenres\u201d particuliers, donc ici d\u2019int\u00e9r\u00eats particuliers de fait.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Int\u00e9r\u00eat particulier<\/em> : d\u2019un individu ou d\u2019un groupe. Le g\u00e9n\u00e9ral se pose toujours en relation avec un (ou des) particuliers. Et dans le cadre des int\u00e9r\u00eats, l\u2019int\u00e9r\u00eat particulier se d\u00e9finit comme int\u00e9r\u00eat \u00e0 part, l\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019une partie (d\u2019o\u00f9 vient aussi le mot parti). L\u2019int\u00e9r\u00eat particulier peut \u00eatre celui d\u2019un individu ou d\u2019un groupe consid\u00e9r\u00e9 \u00e0 part : par exemple, int\u00e9r\u00eat d\u2019une classe par rapport \u00e0 celui d\u2019une nation, int\u00e9r\u00eat d\u2019une cat\u00e9gorie par rapport \u00e0 celui d\u2019une classe, int\u00e9r\u00eat d\u2019une profession (int\u00e9r\u00eats particuliers des fonctionnaires, des salari\u00e9s du priv\u00e9, des ouvriers du priv\u00e9, des ouvriers du public. etc).<br \/>\nToute la question est de savoir si l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral, ce qui serait avantageux pour tous les individus et classes, peut se d\u00e9finir comme une addition des int\u00e9r\u00eats particuliers (addition de subjectivit\u00e9s contradictoires), ou par rapport \u00e0 la notion de ce qui est bien, juste, pour l\u2019ensemble de la soci\u00e9t\u00e9, et qui peut donc aller \u00e0 l\u2019encontre des int\u00e9r\u00eats particuliers, \u00e0 l\u2019encontre de ce qui est avantageux pour les diff\u00e9rents individus et classes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Bien commun<\/em>. La notion de Bien on l\u2019a vu est plus large que celle d\u2019int\u00e9r\u00eat, non li\u00e9e \u00e0 l\u2019id\u00e9e de profits, de gains, imm\u00e9diats. Ce qui constitue un bien peut concerner les richesses, les possessions, mais dans un sens plus g\u00e9n\u00e9ral ce qui est bon, contre ce qui est mauvais, n\u00e9faste. La notion de commun ne signifie pas une simple addition d\u2019int\u00e9r\u00eats particuliers.<br \/>\nCommun ne signifie pas pour autant \u201ccommunautaire\u201d, au sens de \u201cl\u2019appartenance\u201d \u00e0 une m\u00eame \u201cidentit\u00e9\u201d, le fait d\u2019\u00eatre les \u201cm\u00eames\u201d par l\u2019ethnie, la culture, la religion (sans \u00e9gard aux individus composant le commun).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans la langue fran\u00e7aise, le commun r\u00e9sulte d\u2019une association, construite, en fonction d\u2019un but et selon des r\u00e8gles. Le mot commune, au sens de municipalit\u00e9, (co) <em>(munia)<\/em> signifiait les charges prises avec d\u2019autres. Le commun, la commune, regroupent ceux qui ont pris part conjointement \u00e0 des charges, participation souvent sur base d\u2019\u00e9galit\u00e9. (A noter que le fait de participer \u00e0 quelque chose de commun n\u2019exclut pas de disposer de choses en propre, des biens propres).<br \/>\nLe bien commun, c\u2019est ce qui est bien pour un ensemble (Cit\u00e9, nation), ou ce qui appartient en commun \u00e0 un ensemble (routes, syst\u00e8me d\u2019approvisionnement d\u2019eau, police, enseignement, etc.).<br \/>\nLe bien commun n\u2019est pas une addition de ce qui est bon pour chacun, mais de ce que l\u2019on pourrait nommer une \u201cintersection\u201d de ce qu\u2019il peut y avoir de bien entre les diff\u00e9rentes parties de l\u2019ensemble.<br \/>\nLe bien commun peut aller contre certains int\u00e9r\u00eats particuliers, ce qui ne signifie pas que tout ce que chacun a acquis en propre soit supprim\u00e9 (Voir Rousseau : emp\u00eacher que quiconque puisse \u201cacheter\u201d un autre, le mettre dans sa d\u00e9pendance forc\u00e9e). Mais il y a aussi la possibilit\u00e9 de faire co\u00efncider biens propres et le bien commun, par la contribution des particuliers au bien commun, qui est aussi pour partie le leur, sur la base, non d\u2019une annulation, mais d\u2019une subordination des int\u00e9r\u00eats propres au bien commun.<br \/>\nEnfin, le bien commun, c\u2019est ce qui est bien, juste pour la Cit\u00e9, la soci\u00e9t\u00e9, que cela soit ou non possible, que l\u2019on puisse ou non le r\u00e9aliser dans un moment historique donn\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Volont\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale<\/em> : Rousseau peut employer le mot d\u2019int\u00e9r\u00eat, et d\u2019int\u00e9r\u00eats particuliers, d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral, mais il use aussi de la notion de volont\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale, (qui se rapporte davantage \u00e0 la d\u00e9finition d\u2019un bien commun que d\u2019un int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral, toujours difficile \u00e0 \u00e9tablir). On a vu ce que signifiait Volont\u00e9 : forme d\u2019expression qui comporte dans sa forme compl\u00e8te : se repr\u00e9senter l\u2019acte \u00e0 produire, suspendre temporairement la tendance \u00e0 cet acte (r\u00e9flexion), concevoir les raisons de l\u2019accomplir ou de ne pas l\u2019accomplir, mesurer la valeur de ces raisons, et d\u00e9cider ou non d\u2019agir comme elles l\u2019indiquent ou de s\u2019en abstenir. La volont\u00e9 est donc toujours consciente de ses buts, orient\u00e9e, responsable, et au plan g\u00e9n\u00e9ral, la volont\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale doit se former selon les m\u00eames crit\u00e8res. Dans sa formation, la volont\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale doit ob\u00e9ir aux m\u00eames r\u00e8gles pour se d\u00e9terminer, en s\u2019appliquant \u00e0 d\u00e9finir un bien commun pour l\u2019ensemble de la soci\u00e9t\u00e9. Il s\u2019agit donc d\u2019\u00e9tablir et de d\u00e9cider du bien commun, ce qui est plus difficile \u00e0 d\u00e9limiter que le bien dans la conduite individuelle. (Pour tout ce qui concerne notre conduite individuelle, m\u00eame si on agit mal, ou du moins si on \u00e9lude le bien, on n\u2019en sait pas moins si c\u2019est bien ou non).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le contenu du juste pour la soci\u00e9t\u00e9 : Int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral ou Bien commun ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au plan th\u00e9orique, la notion d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral, contrairement \u00e0 celle de bien commun, porte une contradiction interne, qui se manifeste au plan pratique par la difficult\u00e9 o\u00f9 l\u2019on se trouve, comme l\u2019indique Rousseau, \u00e0 \u201cg\u00e9n\u00e9raliser\u201d les int\u00e9r\u00eats particuliers.<br \/>\nQuel est le rapport entre les int\u00e9r\u00eats particuliers et l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral ? Suffit-il d\u2019additionner les int\u00e9r\u00eats particuliers pour faire un int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral ? Additionner par exemple les int\u00e9r\u00eats des diff\u00e9rentes classes dans une nation ? Ou encore, peut-on d\u00e9gager un int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral pour les diff\u00e9rentes nations au sein de l\u2019Europe, en additionnant leurs \u201cint\u00e9r\u00eats\u201d ? De quel int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral et de quels int\u00e9r\u00eats particuliers parle-t-on \u00e0 chaque fois, et plus g\u00e9n\u00e9ralement peut-on concilier int\u00e9r\u00eats particuliers et int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral ?<br \/>\nLes premi\u00e8res th\u00e9orisations des int\u00e9r\u00eats particuliers ont \u00e9t\u00e9 associ\u00e9es \u00e0 l\u2019id\u00e9e de lutte de tous contre tous, de division, \u00e0 l\u2019existence de rivalit\u00e9s, de guerre. Il y a par cons\u00e9quent une difficult\u00e9 ou une incapacit\u00e9 \u00e0 d\u00e9gager un int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral accordant ces int\u00e9r\u00eats en lutte (3). Dans la philosophie politique, la notion d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral, comme tentative de r\u00e9soudre les contradictions d\u2019un monde gouvern\u00e9 par les int\u00e9r\u00eats en lutte, a eu tendance \u00e0 se substituer aux notions de bien commun ou bien public. Cette substitution correspond plus ou moins \u00e0 l\u2019extension des \u00e9changes marchands, puis marchands capitalistes, qui d\u00e9veloppent la concurrence entre int\u00e9r\u00eats, la lutte de tous contre tous (et pas seulement entre classes).<br \/>\nDans les citations qu\u2019on peut lire dans le Cours Int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral et contradictions de classes, on voit que le d\u00e9ploiement \u201clibre\u201d du r\u00e9gime marchand (livr\u00e9 \u00e0 lui-m\u00eame) ne produit pas l\u2019harmonie spontan\u00e9e des int\u00e9r\u00eats, mais la lutte, lutte qui peut conduire \u00e0 l\u2019auto destruction de la soci\u00e9t\u00e9.<br \/>\nD\u00e9gager la volont\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale ou le bien commun, ne peut alors r\u00e9sulter d&rsquo;un ajustement entre int\u00e9r\u00eats priv\u00e9s des diff\u00e9rentes classes ou cat\u00e9gories, car sur ce terrain s\u2019imposent les int\u00e9r\u00eats les plus puissants, des \u201crapports de force\u201d. L\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral ou le bien commun ne peuvent surgir tout forg\u00e9s du mouvement spontan\u00e9. Pour pouvoir poser le principe d\u2019un bien commun, il va de soi que l\u2019existence d\u2019un lieu politique commun est requise (Cit\u00e9, royaume ou r\u00e9publique), o\u00f9 l\u2019on puisse d\u00e9cider par soi-m\u00eame, pour soi-m\u00eame, lieu politique qui soit par cons\u00e9quent ind\u00e9pendant, souverain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nComme pour le premier expos\u00e9, on bute de nouveau sur une difficult\u00e9 : comment parvenir \u00e0 poser le contenu de la volont\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale (ou le bien commun), \u00e0 partir de volont\u00e9s particuli\u00e8res ?<br \/>\nCette difficult\u00e9 a \u00e9t\u00e9 pos\u00e9e, sinon pleinement r\u00e9solue, aussi bien par Rousseau que par Marx :<br \/>\nD\u2019une part, au plan de la raison :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab l\u2019art de g\u00e9n\u00e9raliser est l\u2019un des plus difficiles et des plus tardifs de l\u2019entendement humain \u00bb (Rousseau)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u2019autre part :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab De lui-m\u00eame, le peuple veut toujours le bien, mais de lui-m\u00eame, il ne le voit pas toujours. La volont\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale est toujours droite, mais le jugement qui la guide n\u2019est pas toujours \u00e9clair\u00e9 \u00bb (Rousseau).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Que faire alors ? Et c\u2019est l\u00e0 que l\u2019on rejoint la question politique, la question du possible, et ce que signifie l\u2019organisation politique dans son principe, en tant que se construisant en fonction d\u2019une connaissance de la r\u00e9alit\u00e9 et d\u2019une orientation :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab Il faut lui faire voir les objets tels qu\u2019ils sont [\u2026], lui montrer [\u00e0 la volont\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale] le bon chemin qu\u2019elle cherche, la garantir des s\u00e9ductions des volont\u00e9s particuli\u00e8res, rapprocher \u00e0 ses yeux les lieux et les temps, balancer l\u2019attrait des avantages pr\u00e9sents et sensibles par le danger des maux \u00e9loign\u00e9s et cach\u00e9s \u00bb (Rousseau).<br \/>\n\u00ab Nous ne nous pr\u00e9sentons pas au monde en doctrinaires [&#8230;], nous ne lui disons pas : \u201claisse l\u00e0 tes combats, ce sont des fadaises ; nous allons te crier le vrai mot d\u2019ordre du combat\u201d \u00bb. [\u2026] Nous apportons au monde les principes que le monde a lui-m\u00eame d\u00e9velopp\u00e9s dans son sein. [\u2026] Nous lui montrons seulement pourquoi il combat exactement, et la conscience de lui-m\u00eame est une chose qu\u2019il devra acqu\u00e9rir\u2026 \u00bb. (Marx)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cela ne r\u00e9sout pas la difficult\u00e9 qu\u2019il y a \u00e0 d\u00e9finir une orientation juste, \u00e0 poser le bien commun ou la volont\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale, mais introduit au probl\u00e8me qu\u2019on va aborder dans le prochain chapitre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 Quelques commentaires apr\u00e8s les expos\u00e9s des participants :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme le premier jour, tous les expos\u00e9s ont mis en avant des points principaux, de fa\u00e7on plus essentielle encore.<br \/>\nLes difficult\u00e9s portent sur les points suivants : la distinction entre raison sp\u00e9culative et raison pratique (surtout \u00e0 propos de ce que l\u2019on a appel\u00e9 \u201craison pratique morale\u201d). Ce que cette distinction peut impliquer : la question du d\u00e9calage entre deux types de progr\u00e8s pour l\u2019humanit\u00e9 : progr\u00e8s d\u2019ordre \u201ctechnique\u201d (dans la connaissance de la r\u00e9alit\u00e9, la ma\u00eetrise de la nature, la production, etc.), et progr\u00e8s d\u2019ordre \u201cmoral\u201d (avanc\u00e9e en direction du juste, du bien, de l\u2019\u00e9galit\u00e9, de l\u2019\u00e9mancipation du peuple, etc.)<br \/>\nS\u2019agissant des distinctions entre raison sp\u00e9culative et raison pratique, on peut avancer que la raison sp\u00e9culative oriente la pens\u00e9e dans le cadre du processus de connaissance de la r\u00e9alit\u00e9 (donne des cadres pour se repr\u00e9senter les choses dans une ad\u00e9quation la plus grande possible), tandis que la raison pratique oriente l\u2019action (ce qui ne veut pas dire que des \u00e9l\u00e9ments de connaissance n\u2019y soient pas int\u00e9gr\u00e9s). La raison pratique (au sens pragmatique) s\u2019applique \u00e0 des actions particuli\u00e8res de transformation. La raison pratique (morale) guide la pens\u00e9e pour d\u00e9terminer la conduite, l\u2019action juste, plus sp\u00e9cialement en politique (voir les maximes), sans avoir \u00e0 se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 des buts particuliers.<br \/>\nRaison sp\u00e9culative et raison pratique sont deux facult\u00e9s humaines, communes \u00e0 tous les hommes, du moins \u00e0 l\u2019\u00e9tat potentiel, ces facult\u00e9s \u00e9tant plus ou moins d\u00e9velopp\u00e9es, \u00e9duqu\u00e9es, exerc\u00e9es (notamment pour les \u00e9lites, pour ce qui touche \u00e0 la raison morale !).<br \/>\nLa raison pratique (en g\u00e9n\u00e9ral) ne peut orienter l\u2019action que dans le champ de ce qui est possible par libert\u00e9. La raison sp\u00e9culative peut aussi aider \u00e0 penser ce qui nous d\u00e9termine hors de notre libert\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">NOTES<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(1) On peut dire qu\u2019elle est \u201cinconditionn\u00e9e\u201d, en ce sens que la raison pratique (morale) permet d\u2019orienter vers ce qui est bien, juste, sans se pr\u00e9occuper d\u2019abord des conditions.<br \/>\n(2) Une maxime est une r\u00e8gle de conduite, qui peut \u00eatre individuelle, dans ce cas elle n\u2019est pas dans le domaine moral, elle ne devient morale que si elle peut avoir une validit\u00e9 universelle, en faisant abstraction des d\u00e9sirs et inclinations individuels.<br \/>\n(3) Rousseau : \u00ab Les hommes s\u2019entre ha\u00efssent \u00e0 proportion que leurs int\u00e9r\u00eats de croisent. \u00bb<\/p>\n ","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En pr\u00e9alable \u00e0 l\u2019expos\u00e9, des questions pr\u00e9paratoires pour les participants : \u2014 Comment fait-on pour savoir ce qui est juste ? \u2014 En g\u00e9n\u00e9ral (dans la vie individuelle) ? \u2014 En mati\u00e8re politique (pour savoir ce qui est juste pour la soci\u00e9t\u00e9, pour le bien commun) ? Noter comment chacun proc\u00e8de effectivement quand il est [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[8],"tags":[175,57,178,179,176,177],"class_list":["post-356","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-cours","tag-bien","tag-bien-commun","tag-ethique","tag-imperatif","tag-juste","tag-morale"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lunipop.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/356","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lunipop.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lunipop.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lunipop.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lunipop.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=356"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/lunipop.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/356\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":357,"href":"https:\/\/lunipop.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/356\/revisions\/357"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lunipop.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=356"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lunipop.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=356"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lunipop.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=356"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}