{"id":347,"date":"2016-12-26T15:34:47","date_gmt":"2016-12-26T14:34:47","guid":{"rendered":"http:\/\/lunipop.fr\/?p=347"},"modified":"2016-12-26T15:34:47","modified_gmt":"2016-12-26T14:34:47","slug":"sorienter-en-politique-2-connaitre-pour-sorienter","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lunipop.fr\/?p=347","title":{"rendered":"S&rsquo;orienter en politique. 2. Conna\u00eetre pour s\u2019orienter"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><strong>En pr\u00e9alable \u00e0 l\u2019expos\u00e9, des questions pr\u00e9paratoires pour les participants :<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 Comment fait-on pour conna\u00eetre la r\u00e9alit\u00e9 ?<br \/>\n\u2014 En g\u00e9n\u00e9ral ?<br \/>\n\u2014 Pour conna\u00eetre la r\u00e9alit\u00e9 sociale et politique ?<br \/>\nNoter comment chacun proc\u00e8de effectivement quand il est confront\u00e9 \u00e0 ces questions (chercher des exemples).<br \/>\nEventuellement, se demander comment il faudrait proc\u00e9der pour mieux conna\u00eetre le r\u00e9el (dans l\u2019imm\u00e9diat et dans l\u2019histoire).<br \/>\nR\u00e9fl\u00e9chir aux difficult\u00e9s personnelles rencontr\u00e9es pour r\u00e9pondre \u00e0 ces questions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La premi\u00e8re question est la plus difficile. On la posera de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale au regard de la th\u00e9orie de la connaissance, avant de pouvoir la poser dans le domaine politique.<br \/>\nLa connaissance se d\u00e9veloppe comme processus, ce qui signifie qu\u2019un \u00e9tat de connaissance n\u2019est jamais un acquis d\u00e9finitif, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019un individu ou de l\u2019humanit\u00e9. La connaissance commence toujours par l\u2019ignorance, c\u2019est ce qui ouvre \u00e0 la curiosit\u00e9, au besoin de comprendre. Penser que l\u2019on sait tout d\u2019embl\u00e9e est un obstacle \u00e0 la connaissance, de m\u00eame que penser que l\u2019on est assez savant parce que l\u2019on a beaucoup \u00e9tudi\u00e9, travaill\u00e9, qu\u2019il n\u2019y aurait plus qu\u2019\u00e0 se reposer sur ses lauriers. Le processus de la connaissance ne peut se poursuivre que si l\u2019on se per\u00e7oit toujours comme ignorant, du moins pour partie, donc toujours curieux de mieux comprendre. Quel que soit le niveau de connaissance atteint, on est toujours ignorant sur quelque chose. Celui qui se sait ignorant peut progresser. Celui qui sait tout, ou croit qu\u2019il sait tout, ne peut plus progresser. L\u2019ignorance indique les limites de notre connaissance, elle n\u2019est pas en elle-m\u00eame cause d\u2019erreurs. En revanche croire que l\u2019on sait d\u00e9j\u00e0 tout, que tout est d\u00e9j\u00e0 dans notre t\u00eate, cesser l\u2019effort de conna\u00eetre, peut engendrer un faux savoir, de fausses certitudes.<br \/>\nPour progresser dans la connaissance, il faut aussi voir que les erreurs font partie du processus de connaissance, ceci \u00e0 condition qu\u2019elles s\u2019inscrivent dans le cadre d\u2019un effort pour conna\u00eetre, pour comprendre. Non seulement, on ne doit pas craindre la possibilit\u00e9 de commettre des erreurs quand on progresse, mais voir aussi que les erreurs bien identifi\u00e9es peuvent servir le processus de la connaissance. A condition de voir clairement quelles sont les fausses pistes que l\u2019on a suivi, de s\u2019interroger sur leurs causes, de se poser de meilleures questions, chercher \u00e0 mettre en \u0153uvre des m\u00e9thodes plus rigoureuses, [Bref de d\u00e9velopper une pens\u00e9e \u201capor\u00e9tique\u201d (1), au sens d\u2019Aristote : progresser \u00e0 partir des points, des difficult\u00e9s o\u00f9 l\u2019on a but\u00e9]<\/p>\n<p><strong>Analyse de la question<\/strong><br \/>\nLa premi\u00e8re question \u00e9tait : Comment fait-on pour conna\u00eetre la r\u00e9alit\u00e9 ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un premier point de m\u00e9thode m\u00e9rite d\u2019\u00eatre signal\u00e9. Au cours d\u2019une scolarit\u00e9 bien men\u00e9e, on nous apprenait \u00e0 interroger l\u2019\u00e9nonc\u00e9 des questions qui nous \u00e9taient pos\u00e9es, d\u00e9finir leurs objets, les probl\u00e8mes pos\u00e9s. Si l\u2019on n\u2019interroge pas la question avant de r\u00e9pondre, on passe \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du probl\u00e8me. Cela est particuli\u00e8rement vrai dans le domaine politique. Beaucoup d\u2019hommes (ou femmes) politiques proposent des \u201csolutions\u201d sans avoir au pr\u00e9alable analys\u00e9 de fa\u00e7on concr\u00e8te les donn\u00e9es de la situation. On passe tout de suite \u00e0 la r\u00e9ponse plut\u00f4t que d\u2019analyser la question elle-m\u00eame, son objet.C\u2019est pourtant en s\u2019interrogeant sur les diff\u00e9rents termes de la question, c&rsquo;est-\u00e0-dire sur le probl\u00e8me pos\u00e9, qu\u2019on peut trouver les moyens de le surmonter. C\u2019est l\u00e0 toute la difficult\u00e9 du probl\u00e8me : comment peut-on conna\u00eetre la r\u00e9alit\u00e9, alors que celle-ci nous est pour l\u2019essentiel ext\u00e9rieure \u00e0 nous, distincte de la conscience qu\u2019on peut en avoir. [Voir le Cours Mat\u00e9rialisme et Id\u00e9alisme]<br \/>\nD\u2019o\u00f9 la question: comment la connaissance d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale ext\u00e9rieure \u00e0 nous est-elle possible ?<br \/>\nOn va essayer d\u2019analyser de plus pr\u00e8s les termes de cette question en analysant de fa\u00e7on d\u00e9taill\u00e9e les diff\u00e9rents termes. [Chacun des termes \u00e0 analyser est suivi d\u2019une lettre entre parenth\u00e8ses (A), (B) (C), (D), (E).]<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comment (1), fait (2)-on (3) [on = le sujet], pour conna\u00eetre (4), la r\u00e9alit\u00e9 (5) [des choses] ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 (A) Comment ne fait que signaler qu\u2019il y a probl\u00e8me, que la question de la connaissance est moins \u00e9vidente qu\u2019on ne peut l\u2019imaginer.<br \/>\n\u2014 Il y a d\u2019autres termes dans la question : pour conna\u00eetre (D) = le but pos\u00e9 [conna\u00eetre]<br \/>\n\u2014Conna\u00eetre quoi ? : la r\u00e9alit\u00e9 (E) [= les choses \u00e0 conna\u00eetre].<br \/>\n\u2014 On suppose aussi dans l\u2019\u00e9nonc\u00e9 qu\u2019il faut une action sp\u00e9cifique : Faire (B) \u2014 ce qui suppose que la connaissance ne tombe pas du ciel ou ne monte pas directement des choses en nous, qu\u2019il y a une activit\u00e9, un \u201ctravail\u201d \u00e0 faire pour conna\u00eetre.<br \/>\n\u2014 Par cons\u00e9quent qu\u2019il faut un Sujet pour faire, pour conna\u00eetre, un sujet pour \u00e9laborer la connaissance. Ce sujet est d\u00e9sign\u00e9 par le mot : On (comment fait-on ?) (C)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On va appeler ce On : le Sujet de la connaissance (S), l\u2019individu ou l\u2019homme en g\u00e9n\u00e9ral, celui qui veut conna\u00eetre.<br \/>\nOn va appeler r\u00e9alit\u00e9, l\u2019Objet de la connaissance (O), sachant que la R\u00e9alit\u00e9, le r\u00e9el, et les choses ont la m\u00eame \u00e9tymologie latine (rem = chose). L\u2019objet (O), ce sont donc, les choses (2) que l\u2019on vise \u00e0 conna\u00eetre.<br \/>\nIl faut aussi se demander en quoi consiste la connaissance (C) d\u2019un objet : qu\u2019est-ce que conna\u00eetre ?<br \/>\nEt enfin on va s\u2019interroger sur comment peut faire le Sujet de la connaissance pour conna\u00eetre un objet ?<br \/>\nA noter qu\u2019on utilis\u00e9 le mot : faire [comment faire pour conna\u00eetre la r\u00e9alit\u00e9 ?]. Cela nous indique que le processus de la connaissance n\u2019est pas passif (au sens o\u00f9 il suffirait de recevoir par les sens la connaissance que les choses nous transmettraient directement). Faire cela signifie que la connaissance se construit, qu\u2019il faut un sujet pour la connaissance et que ce sujet de la connaissance doit \u00eatre actif.<\/p>\n<p>Cela conduit \u00e0 interroger d\u2019un peu plus pr\u00e8s les notions de connaissance, r\u00e9alit\u00e9, sujet de la connaissance, objet de la connaissance. Puis de se demander comment se posent les relations entre le sujet de la connaissance et l\u2019objet \u00e0 conna\u00eetre. Ce qui renvoie aux diff\u00e9rentes th\u00e9ories de la connaissance. En outre il faudra distinguer la notion de sujet de la connaissance (dans un sens universel) et celle de subjectivit\u00e9 (li\u00e9e \u00e0 un sujet particulier), et d\u2019aborder la question de l\u2019objectivit\u00e9 dans son rapport \u00e0 la conception mat\u00e9rialiste de la connaissance.<br \/>\nSur cette base, on s\u2019int\u00e9ressera ensuite \u00e0 plusieurs aspects : comment poser la relation entre sujet et objet de la connaissance, qu\u2019est-ce que conna\u00eetre, quelles sont les deux p\u00f4les de la connaissance, en quoi consistent leurs r\u00f4les, faut-il poser des limites \u00e0 la connaissance humaine? La plus grande difficult\u00e9 \u00e9tant, on le rappelle, de comprendre comment quelque chose d\u2019ext\u00e9rieur, ind\u00e9pendant, de la conscience d\u2019un sujet, les choses, la r\u00e9alit\u00e9, peuvent-elles \u00eatre connues par lui.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>NOTES<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(1) Le mot apor\u00e9tique est construit \u00e0 partir du substantif grec aporia (difficult\u00e9, passage impraticable), et du verbe aporien (\u00eatre incertain). Dans l\u2019esprit d\u2019Aristote, la d\u00e9marche apor\u00e9tique consiste \u00e0 \u201ctraverser\u201d les apories (diapor\u00e9matique), en examinant en tous sens une difficult\u00e9 afin d\u2019en faciliter la solution.<br \/>\n(2) On ne distingue pas ici, pour ne pas compliquer, entre les notions de chose et d\u2019objet, et entre objet r\u00e9el et objet (construit) par la connaissance.<\/p>\n ","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En pr\u00e9alable \u00e0 l\u2019expos\u00e9, des questions pr\u00e9paratoires pour les participants : \u2014 Comment fait-on pour conna\u00eetre la r\u00e9alit\u00e9 ? \u2014 En g\u00e9n\u00e9ral ? \u2014 Pour conna\u00eetre la r\u00e9alit\u00e9 sociale et politique ? Noter comment chacun proc\u00e8de effectivement quand il est confront\u00e9 \u00e0 ces questions (chercher des exemples). 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