{"id":163,"date":"2016-11-26T18:49:07","date_gmt":"2016-11-26T17:49:07","guid":{"rendered":"http:\/\/lunipop.fr\/?p=163"},"modified":"2016-11-26T19:35:35","modified_gmt":"2016-11-26T18:35:35","slug":"ii-le-processus-dunification-de-la-bourgeoisie-en-classe-la-formation-dune-bourgeoisie-capitaliste","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lunipop.fr\/?p=163","title":{"rendered":"II. Le processus d\u2019unification de la bourgeoisie en classe. La formation d\u2019une bourgeoisie capitaliste"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify; padding-left: 60px;\">L\u2019expos\u00e9 suit de pr\u00e8s l\u2019ouvrage de R\u00e9gine Pernoud <em>Les origines de la bourgeoisie <\/em>(1). Des lecteurs tr\u00e8s au fait du sujet peuvent critiquer ce choix excusif, ou le d\u00e9coupage th\u00e9matique op\u00e9r\u00e9. Bien que de multiples travaux aient \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s depuis la parution du livre de R\u00e9gine Pernoud, que des points de d\u00e9tail puissent \u00eatre contest\u00e9s, cet ouvrage n\u2019en constitue pas moins une base solide pour comprendre, dans ses grandes lignes, le processus de formation de la classe bourgeoise, plus sp\u00e9cialement en France. Pour une plus ample information, il est recommand\u00e9 de se r\u00e9f\u00e9rer directement au livre lui-m\u00eame, et dans la m\u00eame collection, et du m\u00eame auteur, <em>La bourgeoisie<\/em>, PUF, 1985. On peut aussi consulter, toujours de R\u00e9gine Pernoud, <em>Histoire de la bourgeoisie en France<\/em>, <em>I <\/em>\u2014 <em>Des origines aux temps modernes<\/em>, 1960, et, <em>II \u2014Aux temps modernes<\/em>, 1962.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les bourgeois accordent une grande importance \u00e0 l\u2019administration de la vie civile et de la r\u00e9glementation de la justice et des \u00e9changes, leur principale pr\u00e9occupation avec celle des finances, ce qui conduit dans le courant du XIIIe si\u00e8cle au d\u00e9veloppement d\u2019hommes de loi de tous ordres : avocats, magistrats, juristes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L\u2019\u00e9mergence d\u2019une cat\u00e9gorie nouvelle : la bourgeoisie l\u00e9giste<\/strong><br \/>\nLes marchands ou simples citadins ont souvent recours \u00e0 la justice pour la conduite de leurs affaires et leurs litiges. Au XVIe si\u00e8cle nombre de bourgeois, orientent leurs fils vers l\u2019\u00e9tude du droit, escomptant qu\u2019ils pourront les soutenir dans la d\u00e9fense de leurs int\u00e9r\u00eats.<br \/>\nLes l\u00e9gistes soutiennent l\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019\u00c9tat, un \u00c9tat qu\u2019ils con\u00e7oivent \u00e0 la romaine, centralis\u00e9, unifi\u00e9, la\u00efque, o\u00f9 la puissance temporelle doit prendre le pas sur la puissance spirituelle, sur l\u2019\u00c9glise, en rupture avec la hi\u00e9rarchie compliqu\u00e9e du mode d\u2019organisation f\u00e9odal et la r\u00e9partition des pouvoirs qui le caract\u00e9rise. En fonction d\u2019une nouvelle conception de la justice, les l\u00e9gistes bourgeois \u00e9vinceront les justices seigneuriales (au XVIe si\u00e8cle, on interdit aux seigneurs de juger en personne, ce qui ach\u00e8ve d\u2019\u00f4ter \u00e0 la noblesse sa raison d\u2019\u00eatre). La bourgeoisie, repr\u00e9sent\u00e9e par les Parlements, conquiert l\u2019h\u00e9g\u00e9monie en mati\u00e8re judiciaire. Ainsi, en travaillant \u00e0 soutenir et \u00e9tendre l\u2019autorit\u00e9 du pouvoir central, les juristes ont travaill\u00e9 pour eux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L\u2019\u00e9volution des formes de propri\u00e9t\u00e9 et de la condition de la paysannerie<\/strong><br \/>\nLe d\u00e9veloppement de la classe bourgeoise et de son influence va modifier le r\u00e9gime de propri\u00e9t\u00e9. Jusqu\u2019alors, au Moyen \u00c2ge, sur une m\u00eame terre il y avait plusieurs ayants droits, sans que l\u2019on puisse d\u00e9terminer un propri\u00e9taire v\u00e9ritable. Ce n\u2019\u00e9tait pas le serf, bien qu\u2019il soit assur\u00e9 de vivre et de mourir sur la terre qu\u2019il cultivait, la transmettre \u00e0 ses enfants. Ce n\u2019\u00e9tait pas non plus vraiment le seigneur, celui-ci tenait son fief d\u2019un suzerain auquel il devait l\u2019hommage, une foule de servitudes, de traditions l\u2019emp\u00eachait d\u2019en disposer \u00e0 son gr\u00e9. La possession des terres relevait de plusieurs cat\u00e9gories de propri\u00e9taires, disposant de droits coutumiers qu\u2019ils ne pouvaient modifier. Ce r\u00e9gime de possessions multiples cadrait difficilement avec les conceptions du commer\u00e7ant, qui ach\u00e8te et qui vend, et qui consid\u00e8re qu\u2019il peut faire ce que bon lui semble de ce qu\u2019il poss\u00e8de, du moment qu\u2019il en a pay\u00e9 le prix. En outre, du fait que le r\u00e9gime du salariat s\u2019\u00e9tait substitu\u00e9 peu \u00e0 peu \u00e0 celui de l\u2019\u00e9change de services, et que la terre devenait une valeur marchande, celle-ci se devait d\u2019\u00eatre assise sur un r\u00e9gime stable de propri\u00e9t\u00e9, selon l\u2019esprit bourgeois.<br \/>\nLes conditions d\u2019\u00e9tablissement d\u2019un r\u00e9gime bourgeois de propri\u00e9t\u00e9, gag\u00e9 sur une propri\u00e9t\u00e9 exclusive, priv\u00e9e, \u00e9tait aussi rendu n\u00e9cessaire du fait des grands transferts de terres qui s\u2019\u00e9taient op\u00e9r\u00e9s vers la fin du XIIIe si\u00e8cle. Une partie de la noblesse avait p\u00e9ri ou s\u2019\u00e9tait ruin\u00e9e lors des Croisades, tandis que la bourgeoisie n\u2019avait cess\u00e9 de s\u2019enrichir, pla\u00e7ant une partie de sa fortune en terres ou biens immeubles. Les gens de justice, plus encore peut-\u00eatre que les commer\u00e7ants, devinrent aussi acqu\u00e9reurs. Entre l\u2019exploitant et le seigneur, ou \u00e0 la place de ce dernier, s\u2019interpose ainsi un autre personnage : le bourgeois de campagne qui fait travailler \u00e0 son profit la terre. Par contrecoup un prol\u00e9tariat paysan se forme, beaucoup de petits propri\u00e9taires se trouvant r\u00e9duits par l\u2019acqu\u00e9reur bourgeois \u00e0 l\u2019\u00e9tat d\u2019ouvriers agricoles ou de m\u00e9tayers, soit que leurs dettes les aient contraints \u00e0 vendre leurs biens, soit que le nouveau mode d\u2019exploitation s\u2019accommode mieux du r\u00e9gime du salariat.<br \/>\nComme l\u2019industrie et le commerce, l\u2019agriculture prend au XVIIIe si\u00e8cle une forme capitaliste, le mouvement de \u201crassembleurs de terres\u201d s\u2019amplifie aux d\u00e9pens des petits exploitants. Dans cette nouvelle forme de grande propri\u00e9t\u00e9, les paysans n\u2019ont plus aucune part \u00e0 la possession du sol. Les conditions de vie des paysans ne sont pas am\u00e9lior\u00e9es par ces transferts, car les nouveaux ma\u00eetres visent \u00e0 engranger des profits. Des protestations s\u2019\u00e9l\u00e8vent plus souvent dans les campagnes contre les propri\u00e9taires bourgeois que contre les nobles.<br \/>\nLa transformation des formes de propri\u00e9t\u00e9 dans le monde rural est \u00e9tendue \u00e0 la notion de propri\u00e9t\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral. Elle tend \u00e0 se conformer aux formes romaines de propri\u00e9t\u00e9 : individuelle, priv\u00e9e, absolue, illimit\u00e9e dans son exercice, d\u00e9pendant uniquement de la fortune financi\u00e8re du propri\u00e9taire. Le code Napol\u00e9on ent\u00e9rinera cette nouvelle conception.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>La bourgeoisie commer\u00e7ante et industrielle<\/strong><br \/>\nD\u00e8s la deuxi\u00e8me partie du XIIIe si\u00e8cle on assiste \u00e0 la diffusion du mode capitaliste de production, plus sp\u00e9cialement dans les villes de Flandre, pays de draperie, la grande industrie du Moyen \u00c2ge. Dans ces villes, et en Italie, un petit nombre de grands marchands ont r\u00e9duit les artisans tisserands au rang de salari\u00e9s, pay\u00e9s \u00e0 la pi\u00e8ce, pour des produits dont on leur fournit la mati\u00e8re premi\u00e8re. En Angleterre, les \u201cclothiers\u201d sont \u00e0 la fois producteurs de laine, filateurs, teinturiers, drapiers et marchands, ils concentrent en une seule main les b\u00e9n\u00e9fices auparavant r\u00e9partis entre plusieurs ateliers. Les d\u00e9buts de cette concentration industrielle ne manquent pas de provoquer des r\u00e9actions dans le monde du travail, l\u2019histoire du XIVe si\u00e8cle est remplie des luttes que m\u00e8ne le peuple contre ces bourgeois capitalistes.<br \/>\nC\u2019est aussi au cours de ce si\u00e8cle que la bourgeoisie prend clairement conscience de ses int\u00e9r\u00eats dans une p\u00e9riode marqu\u00e9e par des calamit\u00e9s publiques : \u00e9pid\u00e9mies de peste, famines parfois g\u00e9n\u00e9rales, crise \u00e9conomique, guerre avec l\u2019Angleterre et ses alli\u00e9s. Le peuple subit durement la guerre, la vie ch\u00e8re et tous les fl\u00e9aux. La bourgeoisie est la classe la moins atteinte par ces malheurs publics. Les commer\u00e7ants, s\u2019ils n\u2019ont plus la ressource du grand n\u00e9goce, prosp\u00e8rent par le commerce int\u00e9rieur, les fournitures d\u2019arm\u00e9e et la sp\u00e9culation. En France, la noblesse pour sa part perd au cours de ce si\u00e8cle beaucoup de son importance et de son prestige, ruin\u00e9e par l\u2019affaiblissement du r\u00e9gime domanial, d\u00e9cim\u00e9e \u00e0 la guerre (\u00e0 Courtrai et \u00e0 Cr\u00e9cy).<br \/>\nDurant cette m\u00eame p\u00e9riode en France, la bourgeoisie va tenter de mettre la royaut\u00e9 et l\u2019administration royale en tutelle. Il s\u2019agit de mettre \u00e0 profit les embarras financiers et militaires du pays pour obtenir une plus large participation au pouvoir. L\u2019\u00c9tat est en effet gravement endett\u00e9. En 1355, le roi Jean le Bon (roi de 1350 \u00e0 1364) avait r\u00e9uni les \u00c9tats g\u00e9n\u00e9raux pour se faire attribuer des subsides. C\u2019est l\u2019occasion pour la bourgeoisie, plus sp\u00e9cialement les marchands, de manifester leur d\u00e9sir de contr\u00f4ler la gestion financi\u00e8re dont ils sont les grands contributeurs (ils versent au roi un imp\u00f4t sur la vente des marchandises, et une gabelle sur le sel). On a plus que jamais besoin de la bourgeoisie. Les bourgeois parisiens exigent de d\u00e9signer eux-m\u00eames les receveurs et officiers charg\u00e9s de la perception des imp\u00f4ts, sous le contr\u00f4le de d\u00e9put\u00e9s nomm\u00e9s par eux. Ils veulent que l\u2019argent recueilli soit vers\u00e9 directement aux \u201cgens d\u2019armes\u201d et non aux officiers royaux. Enfin, ils veulent que leurs d\u00e9put\u00e9s aient droit de regard sur l\u2019organisation des troupes et la ma\u00eetrise des monnaies.<br \/>\nAvec le d\u00e9sastre militaire de Poitiers (en 1356) et la captivit\u00e9 de Jean le Bon en Angleterre, les difficult\u00e9s du royaume s\u2019aggravent encore. Les six principaux corps de m\u00e9tiers marchands de Paris estiment \u00eatre devenus les v\u00e9ritables ma\u00eetres, le moment para\u00eet favorable pour prendre en main l\u2019administration financi\u00e8re et mettre la royaut\u00e9 en tutelle. La noblesse, ou ce qu\u2019il en reste, n\u2019a plus vraiment voix au chapitre. Et, le dauphin Charles, en raison de la captivit\u00e9 de son p\u00e8re en Angleterre, doit recourir \u00e0 une nouvelle alt\u00e9ration de la monnaie, mesure qui porte \u00e0 son comble l\u2019exasp\u00e9ration des marchands. En 1357, \u00c9tienne Marcel, le pr\u00e9v\u00f4t des marchands de Paris, d\u00e9fend d\u2019accepter la monnaie royale et d\u00e9clenche le soul\u00e8vement des bourgeois de Paris. La tension monte entre ces bourgeois en r\u00e9bellion et le peuple, qui soutient la l\u00e9gitimit\u00e9 royale. \u00c9tienne Marcel ne parvient pas \u00e0 imposer par la force sa domination, et doit chercher recours dans le renforcement de son alliance avec Charles le Mauvais (roi de Navarre, alli\u00e9 \u00e0 l\u2019ennemi anglais). Il fait appel \u00e0 des chefs de bande auxquels il pr\u00e9tend livrer Paris. Une insurrection populaire met \u00e0 mal \u00c9tienne Marcel et le parti bourgeois favorable aux Anglais, la ville est restitu\u00e9e au dauphin. Le premier essai de \u201cr\u00e9volution\u201d bourgeoise se termine par une victoire de la royaut\u00e9 en alliance avec le peuple.<br \/>\nLa haute bourgeoisie marchande ne se rel\u00e8ve pas de cet \u00e9chec, elle est pratiquement \u00e9limin\u00e9e du gouvernement municipal, qui est repris en main par des magistrats et conseillers du roi. \u00c0 la mort de Charles V (roi de 1364 \u00e0 1380), de nouveaux troubles \u00e9clatent. Mais la bourgeoisie s\u2019est divis\u00e9e, c\u2019est maintenant sa partie moyenne qui joue le r\u00f4le principal, des industriels, petits commer\u00e7ants, ils iront piller les demeures des grands bourgeois et s\u2019en prendront aux collecteurs d\u2019imp\u00f4ts, r\u00e9clamant le retrait de toutes les impositions \u00e9tablies depuis Philippe le Bel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L\u2019alliance de la royaut\u00e9 avec la bourgeoisie<\/strong><br \/>\nApr\u00e8s cette p\u00e9riode de d\u00e9sordres, le besoin de s\u00e9curit\u00e9 inh\u00e9rent \u00e0 la classe bourgeoise se fait plus que jamais sentir. Les rois de leur c\u00f4t\u00e9 per\u00e7oivent que la noblesse n\u2019est pas un appui s\u00fbr, en raison de ses tendances centrifuges, le peuple reste pour sa part toujours dangereux \u00e0 manier. La royaut\u00e9 a tout \u00e0 gagner d\u2019une alliance avec une bourgeoisie assagie que Louis XI symbolisera. Dans son administration et sa politique et par go\u00fbt personnel, Louis XI (roi de 1461 \u00e0 1483) se conduit lui-m\u00eame en n\u00e9gociant, en sp\u00e9culateur, en homme d\u2019\u00e9pargne, prudent, parcimonieux, habile au marchandage. Il organise la nation en fonction de la classe bourgeoise et mod\u00e8le l\u2019\u00c9tat \u00e0 l\u2019image d\u2019une maison de commerce, soucieuse du bon \u00e9tat de ses finances. Il manifeste tout l\u2019int\u00e9r\u00eat qu\u2019il porte \u00e0 la classe bourgeoise, en se faisant recevoir compagnon de la Grande Confr\u00e9rie des bourgeois de Paris, en multipliant les interventions du pouvoir dans l\u2019administration des m\u00e9tiers.<br \/>\nLouis XI fait entrer les grands bourgeois en masse dans l\u2019\u00e9chevinage, ce qui contribue \u00e0 en \u00e9liminer l\u2019\u00e9l\u00e9ment ouvrier et populaire. En retour beaucoup est exig\u00e9 des bourgeois : le montant de la taille quintuple. Sous son r\u00e8gne se cr\u00e9e aussi une sorte de garde nationale (les milices bourgeoises existaient d\u00e9j\u00e0, mais Louis XI leur donne \u00e0 Paris leur v\u00e9ritable organisation). La fonction militaire n\u2019est plus le monopole de la noblesse.<br \/>\nLa bourgeoisie n\u2019aura pas lieu de se plaindre d\u2019avoir remis son sort entre les mains de la monarchie, rien n\u2019est n\u00e9glig\u00e9 pour assurer sa prosp\u00e9rit\u00e9. La navigation sur le Rh\u00f4ne est affranchie d\u2019une foule de p\u00e9ages, les voies fluviales sont am\u00e9lior\u00e9es, des trait\u00e9s sont conclus avec l\u2019\u00e9tranger, le commerce est renou\u00e9 avec l\u2019Angleterre au grand profit des viticulteurs du bordelais, des foires sont cr\u00e9\u00e9es, dont celle de Lyon qui prend une grande importance sur le march\u00e9 europ\u00e9en. Les initiatives de Louis XI vont au-del\u00e0 des vues de la bourgeoisie. Le pouvoir royal s\u2019est fait bourgeois, il est devenu industriel et commer\u00e7ant, une vaste firme s\u2019est mont\u00e9e, qui englobe le pays tout entier. Cette tendance s\u2019affirme au XVIe si\u00e8cle, elle pr\u00e9vaudra au XVIIe avec la politique de Colbert.<br \/>\nUne nouvelle cat\u00e9gorie bourgeoise prendra de l\u2019extension, le capitaliste qui \u201cfait des affaires\u201d, mais ne travaille pas lui-m\u00eame, se contentant d\u2019acheter et vendre des marchandises et des mati\u00e8res premi\u00e8res. En France, ces \u201ccapitalistes\u201d sont encore peu nombreux : la r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale veut que le patron demeure un travailleur dans le secteur de la production.<br \/>\nLa p\u00e9riode de crise qui accompagne la guerre de cent ans avait repli\u00e9 les pays d\u2019Europe sur eux-m\u00eames, mais d\u00e8s le d\u00e9but du XVe si\u00e8cle, l\u2019esprit d\u2019entreprise et d\u2019ouverture au monde s\u2019\u00e9panouit. En 1492, c\u2019est la d\u00e9couverte du continent am\u00e9ricain et la cr\u00e9ation des premiers empires coloniaux, en 1535 la fondation de la premi\u00e8re association pour le commerce des Indes. Ce sont les exp\u00e9ditions de Jacques Cartier au Canada, de Villegagnon au Br\u00e9sil, de Jean Ribaut en Floride. Le commerce s\u2019\u00e9largit. Mais, au contraire de ce qui se passait au Moyen \u00c2ge, on ne cherche plus seulement \u00e0 \u00e9changer, acheter, vendre des marchandises, la recherche d\u2019un profit direct prime, il prend la forme d\u2019une main mise sur l\u2019or des Am\u00e9riques et on n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 recourir \u00e0 la force pour se le procurer. Au XVIIe si\u00e8cle, les grands ports de l\u2019Atlantique et de la Manche, ressemblent plus \u00e0 des repaires de corsaires qu\u2019\u00e0 des entrep\u00f4ts pour n\u00e9gociants. Dans les pays d\u2019Europe l\u2019afflux d\u2019or est consid\u00e9rable, les premiers b\u00e9n\u00e9ficiaires des explorations du nouveau mode de colonisation sont les compagnies marchandes. Il s\u2019ensuit une baisse de la valeur de l\u2019argent, et, par contrecoup, l\u2019ench\u00e9rissement des denr\u00e9es. Cette mont\u00e9e des prix, profitable pour la bourgeoisie financi\u00e8re d\u00e9bouche sur une crise terrible pour le petit peuple, dont les salaires ne se sont pas \u00e9lev\u00e9s en rapport avec le co\u00fbt de la vie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Production et commerce bourgeois dans leur rapport \u00e0 l\u2019\u00c9tat national<\/strong><br \/>\nLa classe des commer\u00e7ants et des entrepreneurs exerce une influence grandissante sur l\u2019\u00c9tat. Elle b\u00e9n\u00e9ficie de l\u2019appui de la monarchie absolue et soutient en retour les progr\u00e8s de l\u2019\u00e9tatisme et de la centralisation. Poursuivant l\u2019impulsion donn\u00e9e par Louis XI, la monarchie forge les pr\u00e9misses d\u2019un programme d\u2019\u00e9conomie nationale destin\u00e9 \u00e0 faire la fortune d\u2019un \u00c9tat unifi\u00e9 et centralis\u00e9.<br \/>\nLa premi\u00e8re, l\u2019Angleterre avait donn\u00e9 l\u2019exemple de cet exclusivisme national, \u00e9tranger au monde m\u00e9di\u00e9val. En 1381 un acte royal y r\u00e9servait la navigation aux bateaux anglais. Les diverses mesures prises en ce sens t\u00e9moignent d\u2019un changement profond visant \u00e0 rendre chaque \u00c9tat ferm\u00e9. Les premi\u00e8res mesures protectionnistes sont \u00e0 l\u2019ordre du jour, ainsi les lois somptuaires de 1495 et 1572, qui, sous couvert de r\u00e9primer le luxe, interdisent les soieries et tissus d\u2019or et d\u2019argent import\u00e9s d\u2019Italie. Le tarif douanier de 1581 impose ainsi un droit de sortie \u00e9lev\u00e9 sur les mati\u00e8res premi\u00e8res. On commence \u00e0 faire des distinctions entre ouvriers fran\u00e7ais et ouvriers \u00e9trangers. En 1572, un \u00e9dit sp\u00e9cifie que les compagnons imprimeurs de Paris et de Lyon seront \u00ab pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s aux \u00e9trangers n\u00e9s hors l\u2019ob\u00e9issance du roi \u00bb.<br \/>\nPar ailleurs, le pouvoir central favorise le commerce int\u00e9rieur. Le r\u00e9gime des p\u00e9ages qui constituait une entrave \u00e0 la circulation des marchandises est r\u00e9form\u00e9. En 1540, un tarif d\u2019\u00e9valuation uniforme est appliqu\u00e9. Plus tard, Colbert \u00e0 son tour restreindra le r\u00e9gime des p\u00e9ages. Des efforts ont favoris\u00e9 la circulation des marchandises, par la construction et l\u2019entretien de routes et de canaux, aboutissant \u00e0 faire du r\u00e9seau routier fran\u00e7ais l\u2019un des premiers du monde.<br \/>\nLes l\u00e9gistes reconnaissent au prince un domaine \u00e9minent sur les richesses naturelles du royaume, dont les eaux et for\u00eats. Ils favorisent aussi la mainmise du pouvoir public sur l\u2019industrie. L\u2019imprimerie est pr\u00e9cocement concern\u00e9e. Louis XI d\u00e9j\u00e0 avait mis les premiers imprimeurs sous la sauvegarde du pr\u00e9v\u00f4t royal. De nouvelles facilit\u00e9s leur sont accord\u00e9es : c\u2019est aux frais du Tr\u00e9sor que Claude Garamond installe la premi\u00e8re fonderie de caract\u00e8res typographiques. Plusieurs ordonnances \u00e0 la fin du XVIe si\u00e8cle font valoir le droit de l\u2019\u00c9tat \u00e0 surveiller l\u2019imprimerie et la librairie. L\u2019action du pouvoir central s\u2019applique encore \u00e0 l\u2019une des industries les plus actives de France, la draperie. Une ordonnance royale applicable \u00e0 tout le royaume fixe des dimensions et qualit\u00e9s l\u00e9gales pour les pi\u00e8ces de drap.<br \/>\nLes relations \u00e9tablies entre l\u2019\u00c9tat et l\u2019activit\u00e9 commerciale ou industrielle ont de profonds effets sur le monde de la production et l\u2019organisation du travail. On consid\u00e8re que l\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019\u00c9tat est sup\u00e9rieur \u00e0 celui des particuliers, au risque de l\u2019identifier \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat du commerce et de l\u2019industrie. Bien qu\u2019en principe il s\u2019agisse de contribuer \u00e0 l\u2019enrichissement de la nation, dont toutes les classes devraient b\u00e9n\u00e9ficier, la tentation peut-\u00eatre forte de sacrifier les classes pauvres \u00e0 la bonne marche des affaires.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Les bourgeois capitalistes et le prol\u00e9tariat industriel<\/strong><br \/>\nLe divorce n\u2019a cess\u00e9 de s\u2019accro\u00eetre entre les travailleurs manuels et les entrepreneurs bourgeois. D\u00e9j\u00e0, dans le cadre de la corporation, les ma\u00eetres tendaient \u00e0 se former en une sorte de caste, h\u00e9r\u00e9ditaire comme la noblesse, tout aussi ferm\u00e9e qu\u2019elle, emp\u00eachant les compagnons ouvriers d\u2019y acc\u00e9der. Avec le mode capitaliste de production, une s\u00e9paration totale va se cr\u00e9er entre la bourgeoisie industrielle et les ouvriers, surtout avec le d\u00e9veloppement du machinisme.<br \/>\nLes progr\u00e8s techniques vont s\u2019imposer dans la production et l\u2019int\u00e9r\u00eat pour la science prend un caract\u00e8re pratique, au service de l\u2019industrie capitaliste. On recherche les proc\u00e9d\u00e9s m\u00e9caniques qui permettent d\u2019obtenir un rendement maximum. En 1724 on prescrit au bureau du commerce de se tenir en relation avec l\u2019Acad\u00e9mie des sciences pour \u00eatre au fait de toutes les inventions.<br \/>\nDans le domaine des id\u00e9es, le courant du lib\u00e9ralisme \u00e9conomique se diffuse au XVIIIe si\u00e8cle. L\u2019impulsion est venue d\u2019Angleterre. En France, l\u2019\u00e9cole de Gournay et des physiocrates s\u2019oppose \u00e0 toute esp\u00e8ce de r\u00e9glementation. Ils jugent que le libre \u00e9change, la libre circulation des marchandises, la libre concurrence, sont les stimulants naturels de la production. Il doit en \u00eatre de m\u00eame pour la libert\u00e9 des contrats pass\u00e9s entre patrons et employ\u00e9s. Le courant mercantiliste exposait une assimilation entre le l\u2019\u00c9tat national et la bourgeoisie industrielle et commer\u00e7ante, mettant au premier plan l\u2019int\u00e9r\u00eat du pays. Avec les th\u00e9ories lib\u00e9rales, une partie de la bourgeoisie, s\u00fbre de sa force, semble d\u00e9sormais affirmer qu\u2019elle peut et veut se passer d\u2019un cadre \u00e9tatique dont elle n\u2019a plus besoin, du moins pour leur pratique \u00e9conomique (il n\u2019en est pas de m\u00eame pour ce qui regarde le n\u00e9cessaire encadrement politique du peuple).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le d\u00e9veloppement d\u2019une cat\u00e9gorie de la classe bourgeoise : les fonctionnaires<\/strong><br \/>\nAvec les travailleurs, les commer\u00e7ants, les industriels, formaient dans la nation la force productive active, avec les ouvriers. Si grande qu\u2019ait \u00e9t\u00e9 l\u2019influence de ces cat\u00e9gories bourgeoises, et la place qu\u2019ils tenaient dans la soci\u00e9t\u00e9, ils ne b\u00e9n\u00e9ficiaient cependant pas du plus haut prestige social. En France surtout, la bourgeoisie manifestait de ce fait un go\u00fbt particulier pour les postes d\u2019\u00c9tat, conduisant \u00e0 un d\u00e9veloppement notable de cette cat\u00e9gorie sociale. Les fonctionnaires, recrut\u00e9s au sein de la bourgeoisie ne cesseront de gagner en nombre et en importance, au d\u00e9triment parfois des forces vives de la production.<br \/>\nVers la fin du XIIe si\u00e8cle, un personnage nouveau \u00e9tait apparu : le bailli, en quelque sorte le premier \u201cfonctionnaire\u201d. Repr\u00e9sentant du roi, le bailli \u00e9tait un agent d\u2019autorit\u00e9 publique dont la charge n\u2019\u00e9tait plus h\u00e9r\u00e9ditaire, il pouvait aussi \u00eatre r\u00e9voqu\u00e9 et devait rendre compte de sa gestion. Il \u00e9tait r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 en argent par le pouvoir central, non en terres. Ses fonctions \u00e9taient multiples : agent politique, administrateur, receveur des finances, officier d\u2019armes et de justice. La royaut\u00e9 avait besoin de cet auxiliaire pour repr\u00e9senter l\u2019autorit\u00e9 centrale aupr\u00e8s des pr\u00e9v\u00f4ts, des ch\u00e2telains, des maires et \u00e9chevins, porter les ordres dans les provinces les plus \u00e9loign\u00e9es.<br \/>\nPar la suite, le corps de fonctionnaires le plus \u00e9minent se trouva repr\u00e9sent\u00e9 dans les Parlements. Cet ensemble de magistrats et de juristes, d\u00e9tach\u00e9 de l\u2019ancienne cour royale, s\u2019\u00e9tait fix\u00e9 \u00e0 Paris dans le courant du XIIIe si\u00e8cle. Du fait de l\u2019extension de la puissance royale, son importance s\u2019accrut consid\u00e9rablement. Sous le r\u00e8gne de Louis XIV, la bourgeoisie fonctionnaire acc\u00e8de aux plus hauts postes de l\u2019\u00c9tat, les grands serviteurs de l\u2019\u00c9tat monarchique sont tous des bourgeois. Le XVIIe si\u00e8cle repr\u00e9sente l\u2019apog\u00e9e de cette cat\u00e9gorie bourgeoise particuli\u00e8re dans son union avec la royaut\u00e9. Au si\u00e8cle suivant pourtant, cette m\u00eame cat\u00e9gorie bourgeoise pr\u00e9tendra se d\u00e9barrasser de la monarchie, comme d\u2019une protection devenue inutile et pesante.<br \/>\nAvec l\u2019unification r\u00e9volutionnaire, puis le Premier Empire, le nombre et l\u2019importance des fonctionnaires s\u2019\u00e9tend plus encore, du fait de la distribution du territoire en d\u00e9partements, l\u2019administration uniforme dans chaque ville, chaque arrondissement, chaque commune, la prise en charge par l\u2019\u00c9tat de nouvelles responsabilit\u00e9s, telles que l\u2019enseignement, l\u2019\u00e9tat civil, etc. On peut dire que ces fonctionnaires composent au XIXe si\u00e8cle la grande majorit\u00e9 de la classe bourgeoise.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>La bourgeoisie financi\u00e8re, le cr\u00e9dit, la dette publique<\/strong><br \/>\nOn identifie souvent bourgeoisie et capitalisme, ce qui peut s\u2019expliquer par le fait que, d\u00e8s son apparition, l\u2019existence de la bourgeoisie s\u2019est trouv\u00e9e li\u00e9e \u00e0 l\u2019argent, au capital argent, et que cette classe a toujours port\u00e9 int\u00e9r\u00eat aux questions financi\u00e8res. Jusque vers la fin du XIIIe si\u00e8cle cependant, les diff\u00e9rences de fortune entre la bourgeoisie et les cat\u00e9gories populaires (artisans notamment) ne sont pas tr\u00e8s importantes. \u00c0 mesure que l\u2019on avance dans le temps, les grosses fortunes deviennent plus nombreuses, et tendent \u00e0 s\u2019orienter vers la finance et la sp\u00e9culation. Le XVIIIe si\u00e8cle sera le si\u00e8cle de la banque et de l\u2019agiotage. Pour toutes les cat\u00e9gories bourgeoises, mais aussi dans l\u2019ensemble de la soci\u00e9t\u00e9, on accorde au capital argent une importance croissante. L\u2019argent, davantage que la production, appara\u00eet plus que jamais comme le principe de la richesse, la condition de toute puissance, et le nerf de la vie \u00e9conomique et sociale. Jusque dans les classes populaires le go\u00fbt de la sp\u00e9culation se manifeste. Un grand bouleversement financier s\u2019op\u00e8re qui se traduit par un d\u00e9placement des fortunes.<br \/>\nL\u2019industrie, l\u2019agriculture, la vie \u00e9conomique en g\u00e9n\u00e9ral prennent nettement la forme capitaliste : la part du travail est de plus en plus restreinte dans la r\u00e9partition des b\u00e9n\u00e9fices, tandis que la part du capital y est pr\u00e9dominante. Le r\u00f4le sp\u00e9cifique jou\u00e9 par la finance gagne toujours en importance, et avec la finance, les op\u00e9rations de cr\u00e9dit et de financement de la dette publique du royaume.<br \/>\nAu Moyen \u00c2ge, les premi\u00e8res op\u00e9rations de cr\u00e9dit avaient \u00e9t\u00e9 le fait de banquiers juifs ou lombards plus ou moins supplant\u00e9s par les Templiers, auxquels l\u2019\u00c9glise, puis les rois de France et d\u2019Angleterre avaient confi\u00e9 la garde de leur tr\u00e9sor pour servir de gage pour leurs emprunts. Au XVe si\u00e8cle, c\u2019est en Italie que s\u2019\u00e9tablit le premier \u00e9tablissement de cr\u00e9dit. Au XVIe si\u00e8cle, les op\u00e9rations de change vont prendre une large extension, toute une partie de la bourgeoisie s\u2019y int\u00e9resse d\u00e9sormais. Au XVIIIe si\u00e8cle, les \u00e9tablissements de cr\u00e9dit se multiplient.<br \/>\nL\u2019importance du r\u00f4le jou\u00e9 par le cr\u00e9dit s\u2019explique en partie par les transformations \u00e9conomiques li\u00e9es \u00e0 la d\u00e9couverte de l\u2019Am\u00e9rique et l\u2019exploitation de ses richesses. En France, l\u2019orientation de plus en plus centralis\u00e9e prise par la monarchie contribue \u00e0 cet essor. La monarchie en effet va associer la bourgeoisie \u00e0 la fortune de l\u2019\u00c9tat en lui faisant financer sa dette publique, de laquelle cette classe escompte retirer des profits substantiels (2). Outre les besoins li\u00e9s \u00e0 la guerre, la centralisation des monnaies, des transports publics, l\u2019armement, la marine multiplient les recours de l\u2019\u00c9tat \u00e0 la bourgeoisie financi\u00e8re.<br \/>\nDans ce contexte, l\u2019hostilit\u00e9 que l\u2019\u00c9glise avait toujours manifest\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la bourgeoisie financi\u00e8re et du trafic d\u2019argent, aboutit \u00e0 un conflit aigu. La lutte se cristallise sur la question du pr\u00eat \u00e0 int\u00e9r\u00eat. D\u00e9j\u00e0 au XVIIe si\u00e8cle, la papaut\u00e9 avait protest\u00e9 contre la diffusion du cr\u00e9dit. La position de l\u2019\u00c9glise au sujet des pr\u00eats consentis \u00e0 l\u2019\u00c9tat \u00e9tait celle-ci : \u00ab S\u2019ils pr\u00eatent, c\u2019est \u00e0 leur profit et \u00e0 la ruine de l\u2019\u00c9tat, qui, pour rembourser les fonds que les capitalistes lui ont fournis, [sont] forc\u00e9s de multiplier les imp\u00f4ts \u00bb (3). En 1745, le pape Beno\u00eet XIV formule plus pr\u00e9cis\u00e9ment la doctrine de l\u2019\u00c9glise sur le cr\u00e9dit en g\u00e9n\u00e9ral, en se fondant sur la distinction scolastique entre le pr\u00eat de consommation, improductif, pour lequel l\u2019int\u00e9r\u00eat est illicite, et le pr\u00eat productif \u2014 celui qui sert \u00e0 donner de l\u2019extension \u00e0 une affaire industrielle, \u00e0 construire de nouveaux b\u00e2timents, etc. Dans ce cas, un int\u00e9r\u00eat raisonnable peut-\u00eatre per\u00e7u.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">(Contribution Soci\u00e9t\u00e9 Populaire d&rsquo;\u00c9ducation)<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>NOTES<\/strong><\/p>\n<p>(1) <em>Les origines de la bourgeoisie<\/em>, collection <em>Que sais-je<\/em><em>\u2009<\/em><em>?<\/em>, PUF, 1947.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(2) D\u00e9j\u00e0 avant 1522, ann\u00e9e o\u00f9 se trouve inaugur\u00e9 le principe d\u2019une dette publique, les besoins militaires du royaume avaient donn\u00e9 l\u2019occasion \u00e0 des particuliers de r\u00e9aliser de gros b\u00e9n\u00e9fices. Ces services donnaient prise \u00e0 la sp\u00e9culation et se trouvaient \u00e0 l\u2019origine de trafics, car l\u2019ancien syst\u00e8me fiscal ne correspondait pas aux besoins du pouvoir central, celui-ci devait sans cesse recourir \u00e0 des exp\u00e9dients, le principal consistant \u00e0 emprunter \u00e0 l\u2019avance sur le revenu des imp\u00f4ts (<em>plus \u00e7a change&#8230; plus c\u2019est la m\u00eame chose<\/em>, selon le dicton).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(3) Turgot n\u2019a pas la m\u00eame opinion sur le cr\u00e9dit\u2009: <em>\u00ab\u00a0Sans int\u00e9r\u00eat, point de pr\u00eat \u00e0 jour, sans pr\u00eat \u00e0 jour point d\u2019argent, sans argent point de commerce, point d\u2019affaires.<\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n ","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019expos\u00e9 suit de pr\u00e8s l\u2019ouvrage de R\u00e9gine Pernoud Les origines de la bourgeoisie (1). Des lecteurs tr\u00e8s au fait du sujet peuvent critiquer ce choix excusif, ou le d\u00e9coupage th\u00e9matique op\u00e9r\u00e9. Bien que de multiples travaux aient \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s depuis la parution du livre de R\u00e9gine Pernoud, que des points de d\u00e9tail puissent \u00eatre contest\u00e9s, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[8],"tags":[5,49,48,50],"class_list":["post-163","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-cours","tag-bourgeoisie","tag-classe","tag-classe-dominante","tag-unification"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lunipop.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/163","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lunipop.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lunipop.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lunipop.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lunipop.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=163"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/lunipop.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/163\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":175,"href":"https:\/\/lunipop.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/163\/revisions\/175"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lunipop.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=163"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lunipop.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=163"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lunipop.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=163"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}